Equipe:
Durée: 138‘
Genre:
Date de sortie: 15/09/1998
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Réveillé par les essais nucléaires français dans le Pacifique, un lézard aquatique géant débarque à New-York et détruit tout sur son passage.

Notre critique:

Que reste-t-il de Godzilla, formidable monstre, hybride involontaire entre un lézard et une baleine? Qu’est-il devenu le bébé chéri de la Toho? Où sont donc passés les effets ringards et hilares des hommes caoutchoucs démolissant une ville en papier mâché? Qu’est-il advenu des combats roublards entre le homard gonflé aux stéroïdes et le fils du crapaud géant et de la loutre venimeuse?

Rien.

Tout a été avalé par cette volonté d’acier de faire de ce chef-d’oeuvre du fantastique fauché une grosse machine à effet spéciaux engendrant ça et là des produits dérivés.

Ce manque total de second degré n’a d’ailleurs pas été pallié par un scénario en béton (genre) armé. Et puis quoi encore?! Comme si le duo le plus opportuniste d’Hollywood allait s’emmerder avec une histoire. Ils font actuellemnt la loi dans le pays du ciné-pognon. Néanmoins, Devlin et Emmerich déchaînent les passions outre-Atlantique. George Lucas et Chris Carter ont d’ailleurs déclenché une guerre ouverte contre les deux marioles, le premier en dénonçant l’absence de scénario et l’autre en leur faisant savoir ce qu’il pensait de leur travail dans le film THE X-FILES. L’agent Fox Mulder pisse en effet sur l’affiche de Independence Day. Sachez que nous, dans notre coin, on rejoint vivement ces deux bataillons d’élites en prise avec la bêtise humaine.

Mais revenons à ce GODZILLA qui ne comporte absolument aucune surprise, ni véritable suspense. Car, si toute la stratégie promotionnelle est basée sur la taille du basilic (l’animal et pas la plante, espèce de…), une fois la surprise déflorée, la chasse prend place. Voilà le programme (presque) complet des festivités. Un peu maigre, non?

Certes le moloch est grand, beau, svelte (il se faufile si agilement entre les buildings qu’il réussit à semer des hélicoptères!). D’accord, les effets spéciaux sont réussis et, reconnaissons-le, sporadiquement impressionnants. Mais tout est amené à la pelleteuse, sans finesse. Ne parlons pas de la crédibilité générale de ce qui entoure le gros varan. Issu de la connerie des français avec leurs essais nucléaires à tire-larigot, ceux-ci s’enfoncent encore plus en envoyant cinq (??) agents très secrets (dont Réno) afin de nettoyer leur bêtise alors que les Etats-Unis mobilisent autant de soldats que pour le débarquement en Normandie. Et tout est à l’avenant…

Au moins ces délires non controlés nous font sourire. On ne peut pas en dire autant des essais humoristiques des deux barges qui font aussi souvent mouche qu’un aveugle au tir-à-pipe.

La machine lancée, rien ni personne ne pouvait contrecarrer des plans financiers si bien huilés. Continuons dans ce niveau, si le film a amassé un beau paquet de sousous (il approche des 200 millions de $), la quantité de billets verts n’a pas satisfait l’égo, aussi imposant que la taille du zonure, de Devlin, qui a sucré la partie box-office sur le site internet dédié au saurien.

Après ce coup de gueule, soulignons que, néanmoins, les amateurs de grands spectacles crétins au premier degré seront ravis. Ca tire, ça crie, ça écrase, ça meurt…

Le plus écoeurant, c’est que Devlin & Emmerich se sont ouverts toute grande la porte des suites… Quand on vous les disait opportunistes…

A propos de l'auteur

Journaliste