Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 09/03/1999
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le 29 mai 1957, le réalisateur anglais James Whale était retrouvé noyé dans la piscine de sa résidence californienne: il était habillé de son plus beau costume - sans raison apparente - et l'on n'a jamais pu déterminer si sa mort était un accident, un suicide ou un crime crapuleux lié à son homosexualité. GODS AND MONSTERS propose une version plausible des derniers jours du créateur de FRANKENSTEIN - version 1931.

Notre critique:

A vrai dire, GODS AND MONSTERS ne se commente pas. Il a cette qualité intrinsèque de ces petits films discrets, sortis de nulle part, dont l’écriture et l’interprétation suffisent pour passionner et émouvoir. On n’y trouvera donc pas autant de reconstitutions ostentatoires d’époque ni d’effets grandiloquents que la référence permanente au gothique BRIDE OF FRANKENSTEIN appellent pourtant avec insistance. Juste de la simplicité et de la rigueur. Ce classicisme est tout à l’avantage du film, car il le rend accessible à tous, même au mangeur de pop-corn lambda, sans rebuter par la difficulté des thèmes: l’homosexualité tapageuse, les douleurs de la création artistique, la vieillesse et la peur de la mort.

L’interprétation de James Whale par Ian McKellen laisse sans voix. Les variations de son jeu sont tout simplement sidérantes: tour à tour vieillissant, infantile, sensuel, libidineux jusqu’au dégoût, cynique hilarant, humoriste du désespoir. A ses côté, Lynn Redgrave compose une servante slave attachante. Tous deux ont d’ailleurs reçu une nomination aux prochains oscars. Entraîné par la qualité générale, Brendan Fraser, que son physique destine généralement à des rôles bovins (GEORGE DE LA JUNGLE), se sort très bien de son personnage particulièrement ingrat: celui du jardinier bas du front dont le corps athlétique réveille les dernières passions du vieil homme.

Notons que le montage parallèle entre la vie de Whale et des extraits de BRIDE OF… révèlent les douleurs et les émotions cachées derrière ce chef-d’oeuvre de divertissement populaire. A sa manière, GODS AND MONSTERS est aussi une très belle leçon de cinéma.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.