Titre français: Parasite

Equipe: Dae-hwan Kim, Joon-ho Bong, Kang-ho Song, Sun-kyun Lee, Yeo-Jeong Cho
Durée: 132‘
Genre: Drame social
Date de sortie: 11/09/2019
Cotation: **** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La famille de Ki-Taek vit dans un sous-sol d'un immeuble de Séoul. Ils sont 4, Ki-Taek, sa femme et leurs deux enfants. ILs vivent d'expédients tant pour le wifi que pour la nourriture...

Notre critique:

La saga Bong Joon-ho avec le Festival de Cannes, c’est quelque chose. Ce n’est pas complètement de sa faute mais, c’est avec son OKJA, une production Neftlix, que la polémique a enflé. Cela tenait uniquement du fait que le film était produit par la plateforme de SVOD, pas au film en tant que tel. Le voici de retour en compétition avec GISAENGCHUNG (Parasite), une œuvre qui a enthousiasmé la presse et lui a valu une belle salve d’applaudissements mérités. On ne va pas tourner autour du pot, on tient clairement là l’un des favoris pour des prix. C’est un film très puissant grâce à son tour de force de mise en scène et son scénario en béton.

Pour des raisons évidentes, l’intrigue sera peu évoquées dans cette critique car, il suffit d’en dire peu pour gâcher le plaisir. Sachez toutefois qu’il est question d’une jeune homme issu d’une famille pauvre, qui fait des économies sur tout, même des choses stupides ou insensées, qui va devenir professeur à domicile dans une famille riche. Petit à petit, il va s’immiscer dans la vie de cette maisonnée plus étrange et mystérieuse qu’il n’y paraît.

Bong Joon-ho propose un scénario plutôt simple en apparence mais qui comporte plusieurs couches. Le scénario regorge de petites surprises, de petits mystères cachés ci et là. Quand le fils rentre dans la famille, il se confronte à un autre univers. Le taudis dans lequel il vit est misérable. Le confort de cette nouvelle famille dans laquelle il vient travailler est hallucinant. Le choc des cultures est là. Forcément, ce confort donne envie. Ce style de vie donne en envie. L’argent donne envie. GISAENGCHUNG (Parasite), c’est la lutte des classes selon Bong Joon-ho, sans qu’il renie pour autant son attrait pour le cinéma de genre ni ses ressorts comiques.

En effet, GISAENGCHUNG (Parasite) est un délicat mélange de genres. L’atmosphère est tantôt anxiogène, tantôt drôle ou dramatique. Il flirte avec différents styles qui se marient très bien entre eux. La maestria du réalisateur coréen est toujours présente avec la même énergie, la même force, la même ingéniosité. Il s’amuse comme un fou avec ses personnages qui le sont tout autant. Il y a environ huit à neuf personnages relativement importants, avec des caractères très différents, parfois stéréotypés.

GISAENGCHUNG (Parasite) est un excellent cru de Bong Joon-ho, intelligent, malin, avec plusieurs ambiances toutes plus réussies les unes que les autres, un casting aux petits oignons, de la tension, du rire, du mystère, une mise en scène de grande qualité. Bref, c’est l’un des films majeurs de ce Festival de Cannes 2019 qui devrait rencontrer un franc succès auprès des spectateurs par la suite. De toute façon, comme son auteur, il rentrera dans la postérité. Amen.

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.