Equipe:
Durée: 111‘
Genre:
Date de sortie: 21/05/2002
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Terminer ses études secondaires est une importante étape de la vie mais pour Enid, c'est quelque chose qui devait arriver de toute façon, alors pourquoi s'exciter? Avec sa meilleure amie, Rebecca, elle se questionne sur les tendances actuelles, leur avenir et les garçons. C'est sûr: le monde qui les entoure n'est sûrement pas fait pour elles, il est trop... dingue. Heureusement il y a Josh qui n'est pas trop mal comme garçon et qui intéresse de plus en plus Rebecca. Enid, quant à elle, fait la connaissance d'un homme, Seymour, qu'elle trouve intéressant avec ses idées non-conformistes. Une chose est sûre: il n'a rien en commun avec les obsédés sexuels qu'elle devait endurer à l'école. L'été ne s'annonce pas si mal, finalement. Si rien ne va de travers...
Car ces nouvelles fréquentations semblent les éloigner peu à peu. Qu'arrivera-t-il de leur inébranlable amitié?

Notre critique:

Avant d’être un film, GHOST WORLD est une bande dessinée signée Daniel Clowes et ayant acquis le statut de « culte » dans son pays d’origine, les USA. Par chez nous, la chose ne doit être connue que de quelques initiés, impossible donc d’avoir une idée préconçue avant de voir la réalisation de Terry Zwigoff et, pour ce qui est d’écrire une critique, ce n’est pas plus mal.
Or donc, GHOST WORLD, le film.
Une chose est sûre, il termine mieux qu’il ne commence. La première demi-heure consiste avant tout en une mise en place fort peu passionnante des différents protagonistes et de leur univers commun. Il y a Enid et Rebecca qui viennent d’être diplômées du collège où elles faisaient largement figure d’OVNIs; il y a Josh, le seul copain que les deux donzelles supportent; il y a le père d’Enid, passablement largué par le comportement de sa fille; et puis il y a la ville terne où elles habitent, le drugstore où travaille Josh, le milkshake bar où elles se retrouvent.
Une fois ces éléments mis en place, le propos commence à sortir du brouillard et l’humour à la limite pas drôle tourne à la morosité, voire à la dépression. C’est qu’entre nos deux OVNIs, le passage à la vie active provoque une différence d’attitudes difficilement conciliables. Rebecca a tendance à rentrer dans le rang et à s’intégrer dans le système sans faire de vagues, tandis qu’Enid persiste et signe dans l’ovniesque. Simplement, le monde qui l’entoure, les valeurs qu’il promeut, le mode fonctionnement qu’il impose ne lui conviennent pas. Et au fil du temps, leur amitié se détricote.
Au fil des minutes, l’humour limite pas drôle cède la place à une chronique douce-amère dans laquelle l’amertume semble l’emporter. C’est cette progression de l’insignifiant à l’amer qui fait tout l’intérêt de GHOST WORLD. Le personnage d’Enid se révèle finalement terriblement attachant, elle qui aimerait juste que le monde soit différent de ce qu’il est. Un monde dans lequel il ne faudrait pas constamment prouver sa valeur et qui laisserait un peu de place à ceux qui ressentent les choses autrement.

A propos de l'auteur

Journaliste