Titre français: Ghost Dog : La voie du Samouraï

Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 30/12/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ghost Gog est un tueur à gage au service de la mafia. Tout de noir vêtu, il vit au-dessus du monde, sur les toits au milieu d'une volée de pigeons. Ce dégommeur professionnel se voit guidé par les mots issus d'un ancien texte samouraï dont il fera sa doctrine. Aussi précis qu'un chirurgien du crime, il sera trahi par un dysfonctionnement interne de ses employeurs qui décident de supprimer leur vassal.

Notre critique:

Injustement boudé par le jury du dernier festival de Cannes, Ghost Dog est un film de genre qui connaît les détournements imposé par un cinéaste tel que Jim Jarmush. Loin de s’enfoncer dans le classicisme le plus arbitraire, Jarmush aime jouer avec les codes comme avec ses personnages. Ici, il confronte deux mondes temporellement désunis, celui d’un guerrier aux règles ancestrales et d’une meute de mafiosi adeptes des dessins animés et des bourdes en tout genre. Pour accentuer cette confrontation, il offre à Ghost Dog un compagnon dont il ne comprend pas la langue en la personne d’un sympathique et exubérant marchand de crème glacée (Isaak de Bankolé). Tout, ici, tourne autour de la communication, ou plutôt de l’impossibilité de celle-ci au sein de diverses communautés.

Cette emballante dérivation de genre est subtilement orchestrée par un Jarmush très inspiré qui doit beaucoup à son interprète principal. L’époustouflant Forest Whitaker joue avec une gestuelle gracile et un côté gravement débonnaire, singeant une force de la nature alliant magnifiquement la spiritualité à l’efficacité. Evoluant à travers la ville tel un fantôme désincarné, il sème la mort sur les rythmes hip-hop de RZA.

Ghost Dog est une oeuvre zen, ludique, non dépourvue de profondeur, qui mélange savamment l’humour décalé et le film noir. C’est une sorte de peinture intelligente sur un exemple de rupture sociale qui devrait tout autant séduire le public que la critique.

A propos de l'auteur

Journaliste