Titre français: Bienvenue à Gattaca

Equipe: Andrew Niccol, Ethan Hawke, Jude Law, Uma Thurman
Durée: 106‘
Genre: Film d'anticipation
Date de sortie: 26/05/1998
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le futur immédiat. La perfection génétique coupe l'humanité en deux. En dessous, il y a les Non-Valides, ceux dont le développement n'a été confié qu'aux seules mains de la Nature. Au-dessus, il y a les Valides, améliorés par manipulation génétique dès leur conception. Ils occupent les postes à responsabilités que, par souci d'excellence, on ne veut plus confier aux myopes, aux chauves, aux fragiles... Vincent Freeman, un Non-Valide, n'accepte pas. Lui qui rêve de devenir pilote spatial parvient à s'introduire dans Gattaca, la cité des étoiles, en utilisant le code génétique d'un Valide privé de l'usage de ses jambes. Mais un meurtre est commis dans la cité réputée si pure. La police enquête minutieusement, risquant à tout instant de mettre à jour la supercherie de Freeman.

Notre critique:

Dans une science-fiction américaine dominée par la badaboumerie décervelée façon ID4 et JUDGE DREDD, GATTACA arrive comme le représentant des qualités oubliées du genre. Il faut remonter au THX 1138 de Georges Lucas en… 1971 pour retrouver un film futuriste où décors grandioses et effets spéciaux ne se substituent pas à l’essentiel: un questionnement sur la nature humaine, rien de moins.

Il y a bien questionnement, pas démonstration. On ne brandit pas l’épouvantail de l’eugénisme par le vide façon nazi. Il n’y a ni haine, ni violence. Par contre, il y a une dérive discrète et insidieuse de la volonté toute légitime d’améliorer le sort de l’humanité… GATTACA est une utopie de l’excellence que ses aspects arbitraires transforment en cauchemar. Un cauchemar hélas possible, à en voir les évolutions actuelles de la génétique et tous les tourments éthiques qu’elles provoquent: depuis l’annonce des possibilités du clonage d’une brave brebis, n’a-t-on pas immédiatement proposé une application de la chose sur l’homme?

Pour son premier long-métrage, le jeune néo-zélandais Andrew Niccol frappe fort. A la fois thriller d’anticipation et fable philosophique, son GATTACA s’impose par la subtilité de l’écriture, par l’élégance de la réalisation, par son caractère intemporel et universel. Avec un talent pareil, on se surprend à attendre avec impatience le prochain film de… Jim Carrey, THE TRUMAN SHOW, dont il signe le scénario, à cent mille lieues d’un ACE VENTURA.

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A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.