Equipe: Adel Bencherif, David Oelhoffen, Jeanne Aptekman, Matthias Schoenaerts, Reda Kateb
Durée: 111‘
Genre: Thriller
Date de sortie: 03/10/2018
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Manuel et Driss ont grandi comme deux frères inséparables dans la même cité. Mais aujourd’hui tout les oppose. Manuel est à la tête d’un trafic de drogue, alors que Driss est devenu flic. Quand celui-ci est promu aux Stups, son retour bouleverse les équilibres et met Manuel en danger.

Notre critique:

Bien qu’il ait été présent sur nos écrans via son travail de scénariste, nous n’avions pas vu une œuvre de David Oelhoffen depuis quatre ans et la sortie de son second long-métrage, LOIN DES HOMMES, film qui traité de la problématique des immigrés français en Algérie avec Reda Kateb et Viggo Mortensen au casting. Il revient aujourd’hui avec son troisième long-métrage, FRERES ENNEMIS, qui a les honneurs de la compétition de cette 75ème Mostra de Venise. Si Reda Kateb est de retour, c’est à peu près la seule ressemblance avec LOIN DES HOMMES.

Dans FRERES ENNEMIS, il est question d’hommes de banlieue qui ont grandis ensemble. Certains d’entre eux sont devenus dealers de cocaïne, le dernier est devenu flic à la brigade des stups. Difficile de faire plus opposé comme l’indique le titre. Manuel et Imrane, deux amis d’enfance, travaillent sur un nouveau deal pour vendre leur cocaïne. Ce deal ne se déroulera pas comme prévu et les conséquences de ce capotage seront dramatiques. Ce que Manuel ne savait pas, c’est qu’Imrane avait également un deal avec Idriss, leur autre ami d’enfance devenu flic à la brigade des stups. Il luit sert d’informateur et, en échange, Idriss laisse Imrane tranquille. Cette donnée qui n’était pas connue de Manuel va changer beaucoup de choses et le perturber dans ses convictions. Il sera aussi question de remise en question d’à peu près tout, car l’affaire qui va se mettre en place est plus complexe qu’il n’y paraît.

Malheureusement, le résultat est un peu plan-plan et guère passionnant, alors qu’il y avait pourtant de quoi faire. Le deal et ses différents intervenants auraient pu être mieux exploités bien qu’il y ait toutefois quelques fulgurances quand David Oelhoffen exploite ses bonnes idées de façon appropriée et approfondie. Un des problèmes est la structure fort répétitive et le temps qu’Oelhoffen passe sur certains moments qui auraient probablement mérité un montage plus court. A croire qu’il a voulu allonger certaines scènes afin d’atteindre une durée de film acceptable pour lui. De là à parler de remplissage, tout de même pas, mais on sent malgré tout la légèreté de l’histoire.

Cette histoire est d’ailleurs assez sombre. Il n’y a rien de réjouissant là dedans. Le choix de comédiens comme Reda Kateb et Matthias Schoenaerts était donc judicieux, eux qui savent aller d’un registre plus sombre à un registre plus léger avec beaucoup de facilité. Les deux ont une sacrée gueule, une prestance et un charisme importants dans leur rôle et la relation amour/haine entre leurs personnages fonctionne parfaitement. Bien entendu, c’est cette relation qui est centrale dans le film et sert d’appui pour exploiter diverses thématiques comme la famille, le respect ou encore la loyauté. Ce sont des grands classiques du cinéma abordés ici de manière tout à fait correcte, sans éclats.

FRERES ENNEMIS est un film comme on en voit beaucoup chaque année. Pas moins bon, mais pas meilleur que la moyenne pour autant, il repose principalement sur le talent de ses deux comédiens principaux, Reda Kateb et Matthias Schoenaerts. Ce n’est pas un faux pas pour David Oelhoffen mais on le préfère plus percutant comme dans LOIN DES HOMMES.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.