Equipe:
Durée: 85‘
Genre:
Date de sortie: 05/08/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Au milieu de la misère noire des banlieues industrielles sinistrées, Fred le chômeur (Vincent Lindon), aidé par son amie Lisa (Clotilde Courau), doit prouver son innocence dans le meurtre d'un ancien collègue. Poursuivi par le commissaire Barère (François Berléand), il se retrouve mêlé à une sombre affaire d'escroquerie à la construction...

Notre critique:

Pierre Jolivet, auteur de comédies plaisantes comme LE COMPLEXE DU KANGOUROU ou A L’HEURE OU LES GRANDS FAUVES VONT BOIRE (respirez…), a toujours été un réalisateur engagé. Même dans ses films les plus légers en apparence, il parvient à glisser quelques réflections sociales ou politiques toujours inopportunes… L’ironie douce est son arme favorite. Grande qualité qui, ici, se transforme en grand défaut.

Car FRED se présente comme un film social fort. Chômage, démerde quotidienne, fermetures d’usines, patrons exploiteurs, employés exploités,… on a droit à la totale. Mais Pierre Jolivet traite le tout avec la sophistication d’un conte humoristique. Son ironie finement ciselée ronge lentement son naturalisme militant. Ses dialogues façon popu chantent comme des répliques de théâtre. Ses observations sociologiques répétitives se transforment en gag récurrents: les routes de provinces sont envahies à ce point de cyclistes fluos ridicules qu’on se demande si le réalisateur ne leur en veut pas. Le pittoresque des personnages ne fait rien pour ramener le film vers le sérieux. Entre la sensualité (vraiment très) facile de la jolie Lisa et l’éthylisme du commissaire Barère, on est émoustillé, amusé,… Mais c’est tout. On devrait être interpellé, mais en finale, on se poile plus qu’autre chose.

A côté d’autres chroniques sociales (RIFF RAFF, RAINING STONES), FRED fait figure d’ersatz rigolo. N’est pas Ken Loach qui veut…

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.