Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 28/10/2003
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

France est mariée à Oliver depuis dix ans. Ensemble ils ont créé une entreprise de téléachat dont ils sont les présentateurs vedettes: France Boutique.
Ils ont autour d’eux beaucoup de monde: Estelle, présentatrice, naturellement sexuée, lucide et bosseuse. Yvan, présentateur, partagé entre sa nature profonde et son goût du consensus. Marcus, réalisateur, débordant d’enthousiasme pour les formes nouvelles et la découverte de jeunes actrices...

Mais ils se répètent, se surprennent moins, jusque dans leur intimité. Quant à l’entreprise, elle accuse un net tassement dans les ventes. Ils trouvent un partenaire, une société de vente sur internet, dirigée par Sofia, qui n’a qu’un but: les faire chuter pour récupérer leur temps d’antenne.
Et puisque France Boutique se prépare pour un direct qui doit faire décoller les ventes, Sofia va leur tendre un piège.

La magie du direct surprendra nos personnages et séduira les téléspectateurs. Tout peut repartir, peut-être...

Notre critique:

Ah, le carré à décongeler, la ceinture minceur ou encore « l’épiltoupoil »! Qui n’a pas au moins une fois dans sa vie cathodique zappé sur une chaîne de téléachat, l’air hagard en regardant la moustache frétillante de Pierre Bellemare ou le sourire ultra-brite de ses disciples nous vanter les mérites de cette foultitude d’objets saugrenus censés changer notre petite vie de consommateurs. Intriguée par l’état de béatitude et de fascination que ces grands moments de kitch télévisuel pouvaient provoquer en elle, pour son sixième long métrage, Tonie Marshall a donc choisi de nous plonger dans l’envers du décor de ce petit monde étrange et surréaliste qu’est celui de la vente à la télévision. Et lorsqu’on se souvient avec quel talent et bonne humeur la réalisatrice nous avait fait découvrir les coulisses d’un institut de beauté (VENUS BEAUTE), c’est presque les yeux fermés que l’on a envie de pousser la porte de cette boutique pour passer commande.

Il faut bien dire que le sujet à lui tout seul est particulièrement vendeur. Oui c’est vrai, que peut-il bien se cacher derrière les décors en carton aux couleurs criardes d’un plateau télé où les animateurs donnent l’impression d’être en permanence sous perfusion à la vitamine C? Qu’est-ce qui peut bien motiver de ravissantes idiotes en collants roses et au regard figé de nous persuader que l’aspirateur à couper les cheveux ou le fluide anti-peur sont les objets qui manquent au bonheur de notre ménage. Si la panoplie de jolies potiches, les « démos » ringardes d’objets inutiles, les petites guerres de pouvoir derrière la caméra ou encore les séances de brainstorming loufoque entre deux plateaux repas à la cantine de l’entreprise sont bien là pour exaucer nos voeux de rigolade, ce joyeux déballage a malheureusement un peu trop tendance à se disperser pour totalement nous séduire.

En délaissant le studio télé aux projecteurs blafards pour tenter de mettre en lumière la crise conjugale du couple vedette de l’émission, sur fond de rachat de l’entreprise par une vilaine concurrente, FRANCE BOUTIQUE perd de son mordant initial et malheureusement quelques clients en chemin. Cette volonté de vouloir s’écarter des coulisses de ce microcosme singulier est d’autant plus dommage que c’est principalement dans les scènes où le petit monde du téléachat est épinglé que les acteurs excellent et sont irrésistibles de drôlerie. Ironie du sort donc pour ce film qui, à l’image des produits qui s’étalent régulièrement sur les chaînes de télé shopping, n’arrive pas complètement à nous convaincre de son efficacité pour que l’on se persuade qu’il nous est indispensable bien qu’il soit séduisant et provoque souvent des fou rires.

A propos de l'auteur

Journaliste

Journaliste