Equipe:
Durée: 134‘
Genre: Drame
Date de sortie: 24/02/2015
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Mark Schultz est un champion de lutte. Il s’entraîne avec son frère Dave, lui-même champion. Dave est la tête du duo, tandis que Mark est la force brute. Mark est contacté par John Du Pont un richissime entrepreneur qui souhaite le rencontrer. Au cours de cette entrevue, John propose à Mark de l’entraîner pour le Jeux Olympiques de 1988 à Séoul.

Notre critique:

Prix du meilleur réalisateur à Cannes en 2014, FOXCATCHER, basé sur un scénario de Dan Futteman (CAPOTE) et de E. Max Frye, est tiré d’un fait divers plutôt étonnant au milieu des années 90, fait qui a vu le meurtre de Dave Schultz, champion et coach de lutte, par le richissime John E. Du Pont, meurtre sur un coup de folie.
Mais l’intérêt du film n’est pas réellement dans le fait divers mais bien plus dans l’analyse des tenants et des aboutissants du meurtres. Le quatuor John Du Pont, sa mère, Dave et Mark Schultz étant, pour les scénaristes le centre du problème. Le parallèle entre les rapports entretenus entre John et sa mère (dominé-dominant, méprisé-méprisant) et ceux entre les deux frères (Mark a été dans l’ombre de son frère Dave toute sa vie) est clairement établi. La mort de la mère déstabilise cette équation à quatre variables, la rendant caduque et déclenchant le meurtre.
Si il est indéniable que la notion de coach (vrai ou faux) est au centre de l’histoire, c’est aussi le besoin de reconnaissance qui motive les personnages les plus faibles (comme John et Mark), les poussant à se démarquer, à se sortir du carcan de leur dominance.
Au-delà d’une très bonne mise en scène, c’est la complexité et la richesse des personnages qui est frappante, d’autant que le casting est ici tout à fait remarquable. Steve Carrell, d’habitude tellement à l’aise dans des rôles de comédie (THE 40 YEAR OLD VIRGIN, DINNER FOR SCHMUCKS), campe ici un John E. Du Pont mégalomane, en lutte pour la reconnaissance de sa mère. Quant à Channing Tatum, souvent lui aussi cantonné dans des rôles plutôt légers (21 JUMP STREET) ou de gros bras (WHITE HOUSE DOWN), on peut dire qu’il fait là la preuve d’un potentiel de comédien à suivre. Enfin, c’est Mark Ruffalo, plus habitué quant à lui à des rôles de composition un peu plus dramatiques, qui endosse le personnage de Dave, le cerveau, l’intelligence des deux frères, le stabilisateur d’un trio final (une fois la mère disparue) qui renforce encore la qualité générale de l’interprétation et le côté parfaitement illustratif de l’oeuvre.

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...