Titre français: Flirter Avec Les Embrouilles

Equipe:
Durée: 92‘
Genre:
Date de sortie: 11/03/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

4 mois après la naissance de son bébé, Mel Coplin est toujours incapable de lui donner un prénom. Lui-même enfant adopté, il est persuadé que cette hésitation vient de l'ignorance de ses propres racines. Et Mel d'embarquer sa femme et son petit dans la quête de ses parents biologiques.

Notre critique:

FLIRTING WITH DISASTER rejoint les rangs (peu peuplés) des comédies américaines intelligentes et attrayantes. Réalisé par David O. Russel (SPANKING THE MONKEY), un cinéaste indépendant, ce film est une oeuvre autobiographique teintée de réalisme. Le réalisateur s’inspire des mésaventures de sa soeur adoptive. Celle-ci a recherché, voici quelques années, ses parents biologiques, comme l’autorisent et l’organisent même certains centres d’adoption. Combinant cette histoire vécue avec sa propre expérience du sexe et du mariage, Russel écrit le scénario de FLIRTING WITH DISASTER. La présence de sa femme et de son fils d’un an sur le plateau de tournage contribue à la vitalité et à l’accent de vérité qui traversent son film.rn

Une histoire simple, donc. Un père de famille (Mel) décide, juste après la naissance de son fils, de partir à la recherche de ses parents naturels. Il se heurte à l’incompréhension de sa femme et de ses parents adoptifs, mais trouve l’appui inattendu de la psychologue du centre. Celle-ci décide d’ailleurs d’accompagner le couple et le nouveau-né dans cette quête peu ordinaire. Ce n’est qu’après de nombreuses péripéties que Mel retrouve enfin ses racines.rn

L’intérêt du film repose essentiellement dans ses personnages. Tous à la limite de la névrose, à la dérive et se cherchant eux-mêmes (y compris la psychologue), ils constituent une troupe détonnante. Russel enrichit leurs caractères de clins d’oeil et de faits (apparemment) anodins. Il les nuance, leur donne un corps et une âme. Son travail s’appuie sur la vie de tous les jours, les gens que nous croisons. Toutefois, il s’ingénie à nous en présenter la face cachée. Il démonte astucieusement bon nombre de stéréotypes, avec une justesse exquise.rn

Avec de pareils rôles, les acteurs s’en donnent à coeur joie. Ben Stiller (le réalisateur de REALITY BITES) et Patricia Arquette (TRUE ROMANCE, BEYOND RANGOON) forment un couple émouvant, porté par les événements. Leur interprétation respire le naturel et le plaisir de jouer. Ils s’investissent complètement dans leur personnage. Quant à la prestation d’Alan Alda et de Lily Tomlins, les parents naturels de Mel, elle est tout bonnement géniale. Ils font dévier joyeusement le récit et apportent à la fin un tonus plus que bénéfique. Il faut dire en effet que la première moitié n’est pas toujours à la hauteur, l’installation des personnages étant un peu laborieuse, et les gags parfois éculés. Mais rassurez-vous, la deuxième partie vaut largement le détour… Et les crampes aux zygomatiques…

A propos de l'auteur

Journaliste