Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie:
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

3 villes : New York, Berlin et Tokyo. Une même situation dans chacune d'elle: un homme doit choisir de s'engager plus profondément dans son couple ou retourner chez lui...

 

Notre critique:

Hal Hartley appartient à cette race de cinéastes indépendants américains qui ont su, en quelques films, développer un univers personnel et tendre, un monde enchanteur d’images et de sons. On attendait donc avec impatience son nouveau long métrage.

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Parti d’un film d’une trentaine de minutes qu’il avait tourné à l’époque d’AMATEUR, Hal Hartley se retrouve avec un sketche qui raconte les tergiversations difficiles d’un homme contraint par une de ses partenaires à décider de l’avenir de leur liaison. Ce choix obligé devant lequel se retrouve notre héros lui interdit toute ambiguïté et l’amène à remettre en question ses sentiments et ses relations sentimentales… D’une histoire d’une demi-heure, le cinéaste en tourne deux autres, basées toutes deux sur le même scénario et les mêmes dialogues, et aboutit à un film à l’aspect ludique, mais que le principe même (la recherche artistique, la variation d’une même histoire mise dans des contextes complètement différents) rend artificiel, voire même dénué de personnalité par moments. Or, c’est justement la touche « Hal Hartley » qui démarque ses films et ravit ses afficionados…
Que ce soit à New York, Berlin ou Tokyo, le cinéaste met en scène des personnages plus attendrissants les uns que les autres. Les acteurs, très nombreux, sont en état de grâce, leur jeu aérien plane au-dessus du film. La chorégraphie des dialogues et des corps (les personnages se parlent sans se regarder) est presque irréprochable: elle ne s’efface qu’à quelques rares instants du film, devant le message lourd et peu original que ce dernier est censé colporter. Car, malgré tous ses atouts, le film sombre finalement dans l’exercice de style et s’empêtre dans ses prétentions artistiques et scénaristiques.

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Hal Hartley est victime de sa propre qualité: cette magie subtile, à la lisière du cinéma réaliste et du cinéma expérimental pur, et qui est extrêmement délicate. Il suffit d’une brise légère, d’un mot de travers, pour qu’elle vole en éclat et que le spectateur médusé se retrouve face à un film d’art et d’essai nombriliste, qui s’emmèle dans ses propres réflexions sur le monde, sur la vie et sur l’art.

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La rupture a lieu à peu près au milieu du film. Il s’agit d’un face à la caméra durant lequel trois ouvriers nous expliquent le thème du film, au cas où on ne l’aurait pas encore compris: l’influence du milieu extérieur sur le comportement des gens, soumis à une même situation. Rien de bien nouveau ! Et les trois compères de rajouter: « De toute façon, si le film est raté, l’expérience est réussie… » A vrai dire, on en doute fortement…

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Le tout donne un film composite contenant 80 % de Hal Hartley, avec des scènes sublimes, telle celle de la leçon de danse à Tokyo, et 20 % d’autre chose, au goût amer, et qui malheureusement enrobe le tout et persiste longtemps après le générique final…

 

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Journaliste