Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 06/07/2004
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Elu sur un décompte des voix contesté, George Bush II semble avoir un début de mandat difficile. Les attentats du 11 septembre le remettent d'aplomb aux yeux de l'électeur et lui permettent de se définir comme "président de guerre" s'attaquant à "la terreur". Mais les guerres d'Afghanistan et d'Irak atteignent-elles vraiment leur objectif? Et à qui profitent-elles?

Notre critique:

On aura dit beaucoup de choses à propos de la Palme d’Or 2004. Clairement, le film divise. Moins pour lui-même que pour ce qu’il représente. Dès sa conception, c’est une arme anti-Bush destinée à lui faire perdre les élections présidentielles.

Partisans et défenseurs le qualifient de « propagande » aussi bien dans l’acceptation positive que péjorative du terme. Beaucoup s’interrogent sur sa valeur en tant que documentaire. Ce qu’il est pourtant – une oeuvre portant un regard sur la réalité – mais dont le point de vue est à ce point affirmé qu’il chatouille la frontière de l’idéologie.

L’attitude de Michael Moore n’a pas apaisé le débat, car derrière le sympathique Monsieur Tout-le-Monde américain a pointé par moment un agitateur volontiers populiste qui provoque une gène même chez ses plus ardents défenseurs.

Or donc, de FAHRENHEIT 9/11, qu’en est-il vraiment?

On s’attendait à des révélations fracassantes. On n’en a pas. F9/11 n’apprend rien de plus que ce qu’on a pu lire dans la presse sur les étapes de la carrière de George W. Bush, ni sur les liens financiers qui l’unissent – lui et son vice-président – à des multinationales intéressées par les conflits en général et de celui d’Irak en particulier.

Par contre, la manière est carrément explosive.

Brossant à gros traits les trois dernières années, passant de l’Amérique profonde aux campements militaires d’Irak, Michael Moore offre principalement deux portraits – tous deux tragiques à leur manière.

D’abord celui de George Bush II à travers un montage d’images d’actualité, qu’on pourrait qualifier de bêtisier s’il n’était pas constitué d’interventions réelles. Ensuite celui d’une famille ordinaire américaine, anciennement pro-Bush, brisée par la mort d’un de ses membres à Baghdad.

Manipulateur? Certainement! Heureusement d’ailleurs. Du rire à la tristesse, Michael Moore tient les spectateurs par les tripes et leur fout un coup de pied dans les… convictions.

Evidemment, pour la majorité de la planète, peu importe. Quoique.

Aux Etats-Unis, F9/11 relance le débat et remobilise un électorat particulièrement comateux ces dernières années. Qu’ils embrassent ou non les idées du réalisateur, les citoyens de « la plus grande démocratie du monde » iront voter le 2 novembre 2004.

Reste à savoir si l’importance du film de Michael Moore passera le cap de la prochaine élection présidentielle américaine.

Mais ça, seule l’Histoire pourra le dire.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.