Titre français: FACE

Equipe:
Durée: 104‘
Genre:
Date de sortie: 01/09/1998
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

'A face': visage connu dans les milieux criminels.

Ray est un de ses visages, spécialisé dans les attaques à main armée. Ce soir il remet le couvert avec quatre de ses compagnons d'armes. Pour différentes raisons, ils ont tous décidé que ce casse leur rapporterait beaucoup, beaucoup d'argent. Quatre minutes de travail pour quelques millions. Il y a de quoi rêver...

Pourtant le gang va vite déchanter, le résultat escompté n'est pas au rendez-vous, la police les traque et l'un d'entre eux essaie de les blouser...

Notre critique:

Le cinéma anglais va bien, il va même très bien. Les succès critiques et publics deviennent monnaie courante pour un cinéma qui ne se veut pas fainéant et qui sait divertir tout en alliant une touche sociale constante.

Allez on se jette, avouons-le tout de suite, FACE est une petite réussite. Antonia Bird, revenue de son infidélité américaine (MAD LOVE avec Chris O’Donnell), se montre à la hauteur des plus grands dans un polar noir truffé de personnages en or et à la trame bien anglaise. Entre Michael Mann et Ken Loach, elle ficelle son oeuvre (au noir) de main de maître et rend hommage à Scorsese par l’emploi d’une violence non stylisée, sans glamour, qui sert ses personnages et les fait évoluer. Sa violence tue, détruit des familles, elle en devient un playdoyer d’anti-violence, une auto-destruction démontrant le manque flagrant de responsabilité et d’intelligence de ses acteurs.

Elle construit son film comme une histoire de détective dans et avec le milieu de la pègre. Elle atteint une équité rare entre action et psychologie. Entendez par ce dernier terme non pas une psychologie à deux livres (sterling), mais bien une profondeur habituellement denigrée dans n’importe quel polar de base.

Robert Carlyle en est son anti-héros. Un gangster posé, sûr de lui, de ses contacts, qui va se faire remettre en place par des actes atteignant ses proches et qui le feront aboutir à la découverte de sa véritable position dans la société comptemporaine. A nouveau grandiose, l’acteur, qui a donné ses lettres de noblesse au striptease masculin (le meneur de The Full Monty, c’est lui), fait toujours preuve d’énormément de sagacité dans ses choix cinématographiques. Le rôle lui va comme un gant (de cuir), son interprétation est tout simplement parfaite. Du grand art.

Il est entouré par un casting de choix où l’on retrouve bizarrement le chanteur de Blur: Damon Albarn, incarnant une petite frappe au sang chaud mais toujours en écolage.

Et puis le point d’orgue de ce petit joyau, c’est cette dualité ancrée en toute personne, cette tension empêchant de choisir entre nos besoins égoïstes (quoiqu’il en coûte) et l’idée d’une solidarité en quelque sorte fraternelle.

La seule et unique réserve émise à l’égard de FACE se situe au niveau de la présentation de ses protagonistes et de l’insistance, tant au niveau scénaristique que de la mise en scène qui, trop appuyés, mettront la puce à l’oreille des meilleurs détectives de la salle.

A propos de l'auteur

Journaliste