Equipe:
Durée: 114‘
Genre:
Date de sortie: 06/08/1996
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Krueger (Arnold) est l'effaceur, l'as des services de protection des témoins américains. Il organise leur faux meurtre pour leur donner une nouvelle identité. Cette fois-ci, il doit protéger la (très) belle Lee Cullen (Vanessa Williams) de dangereux trafiquants d'armes infiltrés dans le gouvernement fédéral. Mais il y a un traître dans le service...

Notre critique:

Les Américains ont pris l’habitude de comparer leurs films d’action à des « roller-coasters » (montagnes russes). Avec un parcours connu, immuable, balisé par des poussées d’adrénaline programmées. Toute subtilité, toute dérive scénaristique équivalente à un déraillement est proscrite. On en ressort le visage fouetté pas le vent, le ventre retourné et, surtout, le tête vide. ERASER n’échappe pas à cette comparaison. Et c’est bien dommage.

Le scénario tiendrait sur un timbre-poste. Après vingt minutes d’exposition musclée, on ne lâche plus les flingues. ERASER fonctionne surtout grâce aux cascades et aux effets spéciaux. Souvent ébouriffants (la bagarre autour du jet en perdition donne le vertige) parfois bien ratés (les crocodiles sont aussi aberrants que dans JUMANJI, avec le sang en plus), ils constituent un catalogue complet de tout ce que l’ordinateur peut apporter au spectacle. Il se suffisent tellement qu’on n’a même pas cherché à construire un scénario intéressant pour les relier. Les personnages sont si creux et prédestinés que les comédiens ne parviennent pas à les rendre réels. Pauvre James Coburn, si inutile en patriarche-marionette. Pauvre James Caan, qui se perd en traître de carnaval : il ne lui manque plus qu’une pancarte I’M THE VILLAIN accrochée au cou pour complèter ses grimaces. « Qu’importe – diront certains, on rigole et ça décoiffe. » Mouais.

On ne pouvait pas attendre mieux de Charles Russel. Reconnu pour son succès rentable mais immérité de THE MASK, il exerce une fois de plus ses talents de mercenaire de la technique. Appelé sur le plateau quelques jours avant le début du tournage, il s’est contenté d’appliquer le cahier de charge déjà bétonné par le producteur Arnold Kopelson et Arnold Schwarzenegger. Choix parfois intéressants qu’il a été incapable d’amplifier pour apporter au film l’ironie dont il avait besoin.

Car Schwarzie mérite d’être mieux servi. Lui qui avait su, avec l’aide d’auteurs comme Cameron (TRUE LIES) et surtout McTiernan (LAST ACTION HERO), traîter son image de rouleau compresseur avec intelligence, humour et détachement, il se retrouve face aux mêmes travers qu’il entendait dénoncer dans LAST ACTION HERO : personnages creux, scénario débile, « one-liners » foireux, action débridée mais sans objet… On reste au niveau du gros film d’action bien lourd. Depuis ses débuts dans le fantastique (FREDDY III, THE BLOB), même à la tête d’un budget monumental, Russel est resté un tâcheron dans l’âme.

En tout cas, les montagnes russes tournent bien et rapportent beaucoup. C’est à vous de voir si vous allez au cinéma pour vous nourir l’esprit ou vous retourner les tripes.

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.