Equipe:
Durée: 106‘
Genre:
Date de sortie: 25/02/2003
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans un monde futuriste, un régime strict a éliminé la guerre en supprimant les émotions, et en établissant une dictature du non-être. Les livres, l'art et la musique sont strictement interdits. Ressentir des émotions est un crime punissable de mort. Le Cleric John Preston est un agent du gouvernement chargé de détruire ceux qui ne respectent pas les règles...

Notre critique:

Scénariste de THE THOMAS CROWN AFFAIR (version Mc Tiernan) du prochain Roger Donaldson (THE RECRUIT), Kurt Wimmer se lance dans la réalisation avec EQUILIBRIUM. Une sciencefictionnerie manichéenne flirtant du côté de FARENHEIT 451. Soit une société futuriste où toute émotion est annihilée depuis que l’humain a découvert que celle-ci était à la base de tous les conflits. Ben tiens!

Pour faire régner l’ordre, hormis les fantassins de service, des clerics (savant croisement entre un prêtre et… robocop) pistent toute trace d’émotion et l’éradiquent. Adeptes du Gun-Kata, sorte d’art martial où l’on ne lève pas les pieds mais où l’on secoue beaucoup les bras, ces dits-clerics sont évidemment armés de gros ‘guns’ qui servent soit à l’arrosage intempestif de pruneaux soit de piolets forts maniables mais qui finissent généralement leurs moulinets effrénés dans la crâne d’une tierce personne. Et comme pour changer, l’un de ces tartempions va changer de camp en jetant ses capsules de Prozium pour retrouver le chemin d’une existence haute en sensations, aidé dans sa démarche par un chiot(?)…

Tout cela est doté d’une imagerie up-to-date mais avare en espace. La réalisation manque singulièrement de véritable punch tandis que l’évolution narrative balaie nonchalamment le panel des sens nous fournissant quelque émotion. Ainsi la vue, le toucher, l’odorat et l’ouïe suscitent chez nos amis ricains le trouble. Culture hamburger oblige, chez eux, on ne connaît pas les plaisirs du palais. Donc, aucune exploitation de la sensation gustative! Opposant tout au long de son ouvrage le noir et le blanc jusqu’entre les deux principaux personnages (Taye Diggs et Chris Bale), Wimmer flingue toutes ses bonnes idées par une vision totalement carrée de son monde. Aucune nuance, aucune courbe n’a de place dans cet univers glacé. Bale se la joue Tom Cruise en concentrant son jeu au niveau de ses mâchoires, Emily Watson cachetonne (alors qu’elle resplendit dans PUNCH DRUNK LOVE) et le bon Kurt essaie tant bien que mal de faire tenir son château de carte. Restent les chamailleries viriles entre mâles maniant les grosses pétoires. Malencontreusement comme les cleric’s sont super forts, toutes les escarmouches tournent vite à la démonstration unilatérale de l’art martial en question. Petite consolation, l’affrontement final (tiens, un affrontement final!) a le grand mérite d’être expédié en deux coups de cuillère à pot avec une minuscule touche humoristique.

Donc chers adeptes des mondes futuristes où tout n’est que parano, on vous conseille une énième vision de GATTACA en lieu et place de cet ‘actionner’ faussement musclé qui, nous vous le garantissons, prendra toute sa valeur en vidéo (ou DVD).

A propos de l'auteur

Journaliste