Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 04/03/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Angleterre, 1815. Une époque où un village de province était un univers en soi. A Highburry, tout un microcosme gravite autours d'Emma (Gwyneth Paltrow). Choyée, protégée par son père veuf, cette charmante peste de 20 ans seulement occupe ses journées à arranger la vie sociale et sentimentale de son entourage, avec des résultats dommageables, voire désastreux. Trop occupée à se croire entremetteuse hors-pair, elle ne remarque pas que l'amitié bienveillante de M. Knightley (Allan Cumming) cache un sentiment plus profond...

Notre critique:

On dit d’EMMA qu’il est le meilleur roman de Jane Austen, pour l’acuité de son regard sur la haute société de province et pour son ironie. Malheureusement, l’adaptation de Doug McGrath, charmante au demeurant, n’atteint pas son modèle. De plus elle touche beaucoup moins que les récents SENSE AND SENSIBILITY et PERSUASION. Il y manque peut être un danger, un risque, un enjeu, présents dans les oeuvres précédentes: on se souvient des héroïnes dans SENSE… qui pouvaient perdre le peu qu’elles possédaient. EMMA, au contraire, au sommet de la pyramide sociale, ne risque pas grand chose dans ses arrangements ratés. Au pire, une crampe de nombril. On ne va tout de même pas pleurer pour les caprices narcissiques d’une pauvre petite fille riche, fut-elle aussi mignonne que Gwyneth Paltrow.

On imagine bien une volonté finement ironique, mais Doug McGrath ne la maîtrise pas parfaitement. C’est son premier film et cela se sent par endroits: le trait se force par excès de confiance ou par maladresse. On verse même imperceptiblement dans la parodie involontaire. De bals en pique-niques, de banquets en concerts, on n’assiste à rien d’autre qu’à de longs commérages sur des couples supposés, avec tasse de thé, biscuit et nécessaire de couture. Snob, non? Vain, n’est-il pas? S’il n’y avait pas un casting aussi prestigieux et une reconstitution aussi soignée, on se croirait dans un HELENE ET LES GARCONS façon XIX siècle.

Concédons toutefois que cette histoire à l’eau de rose offre tout de même une galerie de portraits intéressante et quelques dialogues élégants. Mais tout cela est léger, léger, léger…

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.