Equipe: Carole Bouquet, Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Michel Blanc
Durée: 103‘
Genre: Comédie romantique
Date de sortie: 22/10/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Bourgeoise chic et oisive, Elisabeth qui ne fait pourtant rien de ses dix doigts a absolument besoin de "faire un break" en s'offrant une semaine de vacances dans un palace au Touquet. Prétextant crouler sous le travail, Bertrand son mari, lui fait faux bond à la dernière minute pour mieux aller retrouver son jeune amant tandis que leur fille Emilie nymphomane et délurée, s'envole pour Chicago, officiellement avec une copine mais en réalité avec Kevin l'associé de son père. Pour se distraire et lui tenir compagnie Elisabeth décide in extremis de convier Julie sa meilleure amie, flanquée de son bébé braillard. Entre temps, Véro et Jérôme les voisins fauchés la rejoignent mais faute de moyens se réfugient dans un piteux mobile home tout en lui camouflant la vérité. Dans le hall de l'hôtel, Elisabeth fait la rencontre de la ravissante Lulu, une avocate persécuté par un mari jaloux et psychopathe tandis que Julie croise le regard de Maxime, un dragueur insatiable.

Notre critique:

C’était il y a vingt ans, un petit chauve gringalet du nom de Jean-Claude et sa bande de bronzés filaient au Sénégal pour se retaper le moral et sauter sur tout ce qui bouge. Depuis si l’oiseau s’est complètement déplumé et a choisi de marcher parfois à l’ombre de la caméra, entre une Grosse Fatigue et une Mauvaise Passe, rien n’a vraiment changé sauf ce sont aujourd’hui les plages du Touquet qui sont désormais le théâtre de cette maladie d’amour qui ne cesse de courir et de remuer les frustrations et les angoisses de notre bonne vieille société. Cinq couples, quatorze personnages et autant de paires de joues à biser, en adaptant librement le roman de Joseph Connoly (VACANCES ANGLAISES) et en transposant l’intrigue en France, Michel Blanc réinvente le vaudeville tragi-comique en brossant une peinture drôle et noire de la comédie humaine.

Réunissant un casting de luxe et un florilège d’acteurs, EMBRASSEZ QUI VOUS VOUDREZ nous entraîne dans une multitude de chassés-croisés réjouissants. Quiproquos, coucheries, petites mesquineries, grosses frustrations mais aussi affreuses hypocrisies et vilains mensonges sur fond de lutte des classes, se mélangent et s’entremêlent pour mieux faire ressortir les lâchetés, les travers et les tourments qui nous obsèdent. Jonglant avec ses personnages et les ruptures de ton, ce film choral réussit le pari de ne pas tomber dans le défilé d’acteurs où l’histoire n’est juste qu’un prétexte à une réunion du gratin du cinéma français. Chaque acteur, certes dans un rôle taillé sur mesure où il n’a rien à prouver, semble cependant s’amuser comme un petit fou à renvoyer la balle à l’autre et à jouer sur un pied d’égalité même si certaines intrigues traînent un peu et certains personnages sont parfois moins passionnants que d’autres.

En choisissant d’adoucir son adaptation sur pellicule par rapport au livre original plus cinglant et corrosif, Michel Blanc s’ouvre peut-être les portes d’un plus large public mais prive son histoire de subtilité et de profondeur. Du coup ce qui aurait pu ressembler à une joyeuse peinture au vitriol grinçante et immorale, a parfois des allures de gentil fourre-tout où malheureusement les nombreuses situations ne débouchent sur rien. Malgré ces quelques fausses notes, il faut bien avouer qu’on se laisse facilement entraîner dans la danse et que la ronde d’acteurs épatants qui la mène ne se refuse pas.

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