Equipe:
Durée: 82‘
Genre:
Date de sortie: 10/05/2005
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Manon, 32 ans, accepte un dîner romantique avec Stéphane, un sympathique collègue de travail. Il y a de l’amour dans l’air! Quelques jours plus tard alors qu'elle emmène sa voiture dans un car-wash, la vue d'un homme au bras tatoué, réveille chez elle un horrible traumatisme et la replonge dans l'enfer qui est le sien depuis maintenant 15 ans. Elle se souvient de ce jour d'été lorsqu'elle avait 17 ans où avec ses copines Anne, Claudie, Isa et Sophie, elles avaient préparé une fête dans le chalet des parents de l'une d'elles. Une journée qui avait tout pour être heureuse et qui s'est transformée en un terrible cauchemar.

Notre critique:

La faute à Denys Arcand et ses INVASIONS BARBARES (et bien entendu son croustillant DECLIN DE L’EMPIRE AMERICAIN), mais le cinéma québécois est une denrée tellement rare sur nos écrans européens, que lorsque l’un d’eux parvient à y pointer le bout de sa bobine, on se dit que forcément pour avoir réussi à faire tout ce chemin, la sélection ne peut-être que de bonne voire de très bonne qualité. L’année dernière ce fut plutôt le cas avec LA GRANDE SEDUCTION, qui l’air de rien et en tout simplicité nous avait donné une fois de plus l’occasion de faire connaissance avec des acteurs touchants et merveilleux de naturel, une histoire cocasse et sacrément attachante, le tout assaisonné de savoureux dialogues avec ce drôle d’accent inimitable.

Prix de la meilleure contribution artistique et film canadien le plus populaire de l’année au Festival des films du monde de Montréal, ELLES ETAIENT CINQ était donc le candidat idéal pour faire les yeux doux au vieux Continent cette année. Seulement voilà, histoire de chasser les vilaines habitudes et les petits clichés qui finissent par s’encrer, pour l’exotisme, le côté désopilant et le folklore, on risque sérieusement de rester sur notre faim pour cette cuvée 2005. Il faut dire que le délicat sujet de ce film (la libération conditionnelle des agresseurs sexuels) n’a non seulement rien du tout qui prête à sourire, mais est en plus le genre de truc qui vous glace le sang avant, pendant et après la séance. Autant dire que pour aborder un thème aussi grave sans porter de jugement et virer dans le manichéisme, faut-il faire preuve de beaucoup d’intelligence et de subtilité. Et justement c’est là que le bât blesse.

Démarrant comme une gentille sitcom pour adolescentes, ELLES ETAIENT CINQ bascule rapidement et avec moult maladresses dans l’horreur à grands coups de flashs-backs limite sordides. Comme pour s’excuser de ce manque de délicatesse et d’une mise en scène aussi originale qu’un téléfilm du mercredi soir, la réalisatrice entrecoupe le tout de longues scènes bavardes et fades où les comédiennes n’arborent aucunement un jeu à la hauteur de celui qu’un cinéma de la sorte se doit de comporter. Bref, on sort de là bouleversé certes, mais avec la très désagréable sensation d’avoir été pris en otage et en se demandant quel peut être l’intérêt d’un tel film pour faire avancer le schmilblick d’un sujet plus que sensible et malheureusement trop souvent d’actualité.

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