Equipe:
Durée: 103‘
Genre:
Date de sortie: 27/08/1996
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un prêtre basque découvre que l'Antechrist naîtra à Madrid le jour de la Noël. Une seule solution: invoquer le Diable pour qu'il révèle où se trouve le rejeton préoccupant.

Notre critique:

Alex de la Iglesia est atteint. On avait déjà pu s’en rendre compte avec ACCION MUTANTE (délire sciences-fictionnesco-héroïc-fantasio-politique) qui poussait sûrement le bouchon un peu loin à force de vouloir oser tout et n’importe quoi. L’affaire était donc loin d’être une réussite même si le vent, pardon, l’ouragan de folie était présent.

Le voilà qu’il contre-attaque l’Alex. Avec une histoire de prêtre ayant découvert le jour, tout proche, de la naissance de l’Antéchrist et contraint moralement de rencontrer le Diable dans l’espoir de mettre la main sur le bébé maudit pour l’envoyer ad patres avant qu’il ne sème le malheur sur le monde. Diable!

Dans ses recherches, notre bon curé trouvera les aides diversement appréciables d’un marchand de disques de hard-rock et d’un faux médium officiant à la télévision, sorte de Jacques Pradel extralucide (je sais c’est difficile à imaginer mais bon faites un effort quoi!).

De la Iglesia mène son histoire tambour battant et avec une absence totale de complexes. Il s’attaque avec décontraction mais virulence à l’église, la télé-poubelle (oui, oui, style Jacques Pradel!) et la crédulité humaine.

Il coud ses bouts d’idées les uns aux autres avec de gros fils colorés jusqu’à nous obtenir un patchwork pas toujours parfaitement ajusté mais terriblement chatoyant et attirant. Si la folie et l’enthousiasme vous plaisent, il n’est pas pensable que vous restiez insensible à ce délire rocambolesque où les forces du Mal veulent culbuter notre quotidien. Car, derrière le délire, il y a une vraie maîtrise dans la mise en scène, (c’est le plus évident), dans la structure de son récit (quand un scénario est bon, rien à faire ça se sent directement) et dans la direction d’acteurs (les personnages sont tout sauf des marionnettes grotesques, il y a de l’humain dessous).

Corbeau du dernier Festival du Film Fantastique de Bruxelles, EL DIA DE LA BESTIA est une occasion en or de s’imprégner d’un cinéma espagnol regorgeant d’idées, débordant d’atmosphères et totalement jouissif, libre, éclatant.

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Journaliste