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Date de sortie: 09/04/1996
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Mel Brooks ressert le vampire à sa sauce poilante: Dracula sort de sa crypte transylvanienne pour vampiriser l'Angleterre victorienne; heureusement le Dr Van Helsing veille.

Notre critique:

Nième parodie de Mel Brooks, DRACULA s’attaque cette fois aux classiques du film de vampire. Argument commercial : les références les plus visibles viennent du récent opus de Coppola – il faut attirer le jeune public. Mais les puristes auront remarqué que c’est surtout la grande période Hammer qui est visée par la batterie de gags lourds du célèbre comique.

Même si l’intention de Mel Brooks a toujours été louable -faire revivre les grands classiques par l’humour- ses derniers films laissent surtout un sentiment de tristesse. A l’instar du ROBIN HOOD, MEN IN TIGHTS, DRACULA est mou, lent, répétitif. La mise en scène est curieusement indigente (on frôle le sitcom victorien) et le casting aberrant (Leslie Nielsen en vampire improbable dégage l’énergie d’une chenille). On est amer devant la déchéance du réalisateur, autrefois grand maître de la poilade parodique. Mais il faut se rendre à l’évidence : son YOUNG FRANKENSTEIN date d’il y a plus de vingt ans. Papy Brooks a méchamment vieilli.

Mais il ne faut pas tout jeter. Il y a encore quelques bon gags (l’excellent slow burn gore dans la crypte ou les hypnoses foireuses), rares et d’autant plus précieux. Surtout que le film baigne dans la nostalgie douce des débuts du cinéma parlant. La lenteur et la simplicité donnent l’impression d’un manifeste pour ce cinéma d’une autre époque, plus humain, où on n’empilait pas frénétiquement les gags indigestes pour court-circuiter le jugement du spectateur- façon ZAZ dernière mouture. Une étrange forme de contestation qui rend ce DRACULA raté curieusement sympathique.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.