Titre français: Dracula 2001

Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 14/08/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Richissime antiquaire à Londres, le professeur Van Helsing garde un terrible secret qu’il espérait bien ne jamais voir réapparaître au grand jour. Il faut dire qu’en 100 ans il s’est donné beaucoup de mal pour le cacher et n’a pas lésiné sur les moyens: Crypte scellée, chambre forte ultra sophistiquée, système de sécurité dernier cri et tout le toutim. Malheureusement tant d’efforts et d’années de labeur vont se voir réduits à néant lorsqu’un commando de voleurs high-tech pénètre par effraction dans l’antre secrète du chasseur de vampire. N’y découvrant qu’ossements et bibelots poussiéreux, la bande de Pieds Nickelés avides et cupides ne démord pas de trouver un butin à se mettre sous la dent. Malgré l’empalement plutôt dissuasif de deux des leurs, faute de mieux elle décide quand même d’embarquer l’étrange cercueil responsable de toutes leurs misères, direction les Etats-Unis.

Notre critique:

Pauvre Bram Stoker, en écrivant son roman le plus célèbre ce dernier était sûrement à cent lieux de se douter que sa fantastique recette se verrait au fil des années accommodée au cinéma à presque toutes les sauces, de la plus savoureuse et originale à la plus acide et indigeste. Voilà donc pour la énième fois le légendaire mythe resservi, et il faut bien l’avouer, le titre du menu n’a pas grand chose pour nous mettre en appétit. Pour un peu ça frôlerait même presque l’étouffement, DRACULA 2000, 2001 et puis pendant que nous y sommes pourquoi pas 2002 et plus si l’idée d’une sortie intergalactique de ce chef-d’oeuvre était prévue pour les années suivantes, mais bon voyons plus tôt ce que nous avons dans l’assiette. Aux fourneaux donc, un certain Patrick Lussier qui avant d’officier seul a longtemps été le marmiton du grand chef Wes Craven et l’a notamment aidé à monter les SCREAM. Comme la cuisine américaine est plutôt réputée pour voir les choses en grand et ne pas faire toujours dans le détail, notre jeune gastronome a donc mis le paquet et au passage s’est débarrassé de quelques ingrédients qui pourtant par le passé avaient hautement contribué au raffinement et à la subtilité du mets. Exit donc la goutte de romanesque, la dose de gothique ou encore la pincée d’épouvante des Murneau, Dreyer, Browning ou encore plus récemment de Coppola.

Le Dracula « des temps modernes » ne craint et n’a que faire des crucifix, lumière du jour et autres gousses d’ail. Après une sieste de 120 ans, c’est relooké façon rockstar et sponsorisé par Virgin (le nombre d’apparitions du logo frisant l’indécence) qu’il a décidé de planter ses canines. Parachuté en plein carnaval de La Nouvelle Orléans, bien entendu entouré de « vampire-girls » pulpeuses et sexy à souhait, notre prince des ténèbres du 21ème siècle s’offre même un petit coup de blues (sur fond de musique déjantée of course) puisque la seule raison qu’il a de nous montrer les dents, est son désir de retrouver la seule personne sur terre qui lui ressemble pour couler des jours heureux avec elle. Bref tout un programme dont on ne s’étonnera guère que son maigre contenu soit traité comme un vidéo-clip façon MTV. Quand au pouvoir de séduction démoniaque qui se dégage de notre vampire « trendy », Bela Lugosi et Christopher Lee peuvent dormir sur leurs deux oreilles, la relève n’est pas assurée. DRACULA 200? est un vrai bon produit pré-mâché made in USA, insipide et sans âme, fabriqué pour être très vite consommé ou finir en promotion dans un bac de vidéoclub. De la bouillie cauchemardesque sûrement, mais certainement pas du cinéma. Terrifiant !

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Journaliste

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