Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 04/11/1997
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Alors qu'il coule une retraite paisible, Jack Quinn, l'un des meilleurs agents speciaux antiterroristes, doit reprendre du service: Stavros, son ennemi juré, repointe sa fraise!

Notre critique:

Troisième réalisateur hongkongais corrrompu par Jean-Claude Van Damme, Tsui Hark nous remet un torchon sale en guise d’examen de passage cinématographique américain. DOUBLE TEAM est une double m… avec sa dose d’action et de cartes postales explosives…

On en avait cauchemardé, Van Damme l’a fait. Il a, à nouveau, débauché un des plus grands réalisateurs-producteurs-monteurs hongkongais pour le salir et remettre en question la maestria de certains cinéastes asiatiques. A un script bancal d’un super-agent-spécial-à-la-retraite-qui-ne-veut-pas-y-retourner-mais-qui-y-sera-obligé, Tsui Hark adjoint une vingtaine de poursuites, de cascades avec des camions, hélicopères, avion-cargo… sans omettre la prison high-tech configurée en île à la mode numéro 6, pour terminer en une corrida mortelle avec un tigre. On ne frise pas le ridicule, on nage dedans!

Ce copier/coller du film d’action est abrutissant. Sponsorisé par une boisson gazeuse hyper-méga-connue, Tsui nous fait la démo du cinéma/pub ou de la puanteur que peut atteindre le cinéma quand il n’est plus qu’un produit.

Bénéficiant de la dream-team des plus exécrables acteurs du moment, Tsui n’a rien pu tirer de ses acteurs (mais que pouvait-il en tirer?). Van Damme se la joue bien dur comme à son habitude, Rodman accumule les one-liners sans faire mouche et Rourke est sous anabolisants. Sans réellement tenir son film, Tsui amoncelle une kyrielle de saynètes plus inutiles et risibles les unes que les autres. Pour exemple, la visualisation de notre bonne vieille ville d’Anvers par ce quatuor vaut son pesant de cacahuètes. Anvers, cité du tourisme sexuel, spécialisée dans les boîtes drag-queen et dans l’armement en gros, point à la ligne. Limitatif vous dites?

Il reste que dans ce foutoir pelliculaire, surgit une scène remarquable (mais empruntée à CRYING FREEMAN-la bd): celle d’un combat entre Jean-Claude et un asiatique muni d’un couteau qu’il manie avec le pied. Durant trois minutes, la magie est là, et on se prend à croire que la suite du film pourraît atteindre ce niveau. La chute est brutale!

Remarquable de culot également, la scène d’emprunt au film HARD BOILED de son compatriote John Woo. Celle-çi se déroule dans un hôpital au milieu de bébés, scène qui a un énooorme arrière-goût de déjà-vu. Mais ce n’est pas le premier tour de cochon que joue Tsui à l’égard de John. Après avoir produit bon nombre des oeuvres les plus intéressantes du roi des gunfights, il s’est malicieusement approprié la suite des A BETTER TOMORROW, en produisant, réalisant, montant le troisième opus tout en séduisant du même coup le comédien chouchou de John, Chow Yun Fat. Ce qui n’a pas empêché Tsui Hark de repuiser dans la malle aux idées de son acolyte.

DOUBLE TEAM est un film pitoyable ou les fans du maître auront bien du mal a discerner les très rares flashes dignes du réalisateur. Est-il si loin le temps de la Workshop Company ou le vénérable Tsui mariait avec bonheur le fantastique et la poésie?

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Journaliste