Titre français: Douleur et Gloire

Equipe: Antonio Banderas, Leonardo Sbaraglia, Pedro Almodovar, Penélope Cruz
Durée: 113‘
Genre: Drame
Date de sortie: 31/12/2019
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans une piscine, la nuit, un homme assis sur une chaise au fond est en apnée les yeux fermés. Il s'appelle Salvador, il est réalisateur, et se souvient de son passé...

Notre critique:

Pedro Almodovar et le Festival de Cannes, c’est une longue histoire. D’amour globalement mais pas toujours. Cela dit, l’homme a du courage, il revient à chacun de ses films alors qu’il repart souvent bredouille (il a déjà remporté le prix du meilleur scénario ainsi que celui de la mise en scène cela dit). S’il n’a jamais eu les honneurs de remporter la Palme d’Or, peut-être que DOLOR Y GLORIA (Douleur et Gloire en français) peut y arriver. Il s’agit de l’œuvre la plus personnelle, la plus sincère, la plus fragile qu’Almodovar ait jamais réalisée. Et pour cause, le film raconte une partie de sa vie. C’est romancé, bien sûr. Ce n’est pas exactement ça qu’il s’est passé mais, on sent dans tous les plans, toutes les scènes, l’identité profonde d’Almodovar qui est présente.

Salvador est un réalisateur qui n’a plus rien réalisé depuis plusieurs années, les différents maux qu’a son corps étant devenus trop douloureux. La cinémathèque espagnole met l’un de ses grands succès à l’honneur et Salvador doit le présenter avec l’acteur principal. Problème, ils ne se sont pas parlé depuis le tournage trente ans auparavant car l’expérience fut difficile. Salvador est confronté à des douleurs de plus en plus insupportables, ce qui l’amène à prendre de l’héroïne. Cette période compliquée va l’amener à se rappeler de son passé et essayer d’aller de l’avant.

Avec DOLOR Y GLORIA, Almodovar se met à nu. Il se dévoile au public comme jamais, abordant ses névroses, ses démons, sa sexualité, ses inquiétudes, sa nostalgie et ses angoisses. Malgré le fait que Banderas n’essaie pas d’imiter son metteur en scène, lors d’une séquence, la ressemblance est troublante et, si un doute persistait encore, il s’évapore soudainement. Parler de sa vie de façon si frontale est plutôt inhabituel pour Almodovar mais force est de constater que cela devrait lui être bénéfique. Le réalisateur madrilène déçoit rarement mais, ici, il atteint un niveau de très grande qualité.

DOLOR Y GLORIA offre un torrent d’émotions et l’un des plus beaux rôles de la carrière d’Antonio Banderas. De la joie aux larmes en passant par le rire, l’acteur espagnol livre l’une de ses plus belles prestations. En même temps, devoir incarner un metteur en scène si proche, un ami, cela doit galvaniser et l’erreur est impensable. Penelope Cruz, avec qui il n’a aucune scène en commun, est toute aussi flamboyante, comme toujours quand elle joue pour Almodovar. Voir l’homme grâce à qui Cruz a remporté un prix d’interprétation féminine pour VOLVER à Cannes en 2006 réunir deux de ses comédiens fétiches pour jouer dans une œuvre si personnelle est un véritable plaisir. Le succès devrait être au rendez-vous et rassembler amateurs et néophytes d’Almodovar dans les salles, ce ne serait que mérité.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.