Titre français: Dieu est grand, je suis toute petite

Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 13/11/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Michèle a 20 ans et raté sa vie, enfin c’est elle qui le dit ou plutôt l’écrit dans son journal intime. Avec un père aux abonnés absents, une mère dépressive, une rupture récente avec son petit ami et un avortement dans la foulée, c’est vrai qu’il y a vraiment de quoi avoir le karma à zéro et envie de se foutre en l’air, d’ailleurs même sa tentative de suicide est un loupé ! Plus vraiment enfant mais pas encore adulte, elle se sent seule et toute petite face au monde qui l’entoure et où elle cherche sa place. Ne sachant plus à quel saint se vouer, elle essaye successivement toutes les religions en guise de réconfort jusqu’au jour où elle croise la route de François, 32 ans, vétérinaire et juif qui n’a pas de mal à succomber à son charme. Jésus n’ayant pas répondu à ses prières et Bouddha l’ayant laissé tombée, Michèle lui met rapidement le grappin dessus et décide de se convertir au judaïsme et de l’entraîner dans sa quête spirituelle.

Notre critique:

Difficile de ne pas faire référence à une certaine Amélie lorsque l’on rencontre la jolie frimousse d’Audrey Tautou sur un bout de pellicule. Autant mettre tout de suite les pendules à l’heure, DIEU EST GRAND… a été tourné en 1998 ce qui veut dire qu’à l’époque le fabuleux Jean-Pierre Jeunet était loin de se douter que de grands yeux noirs allaient bouleverser son destin. Si le film de Pascale Bailly pointe sa bobine si tardivement sur nos écrans c’est avant tout pour une question de gros sous : Le producteur de l’époque ayant fait faillite, grâce à Dieu et sans doute un peu à une « Améliemania » coriace et persistante, de nouveaux mécènes ont bien voulu jouer les bons samaritains pour qu’il sorte enfin. Ces quelques détails précisés pour la petite histoire, libre à chacun d’en tirer les conclusions et les allusions qu’il jugera nécessaires. Il n’empêche que même avec un look baba-ébouriffé et quelques années de moins le minois de la demoiselle fait déjà son petit effet.

Construit comme un journal intime que l’on feuillette, ce film retrace sur trois années de sa vie les tribulations d’une jeune nymphette naïve et un peu déboussolée, en pleine crise d’identité. Déboires amoureux, casse-tête professionnels, petits tracas et grosse déprime, envie de changer de tête et aussi le monde… Au rayon des idées liées au sujet, Pascale Bailly nous présente ici un catalogue certes sympathique mais pas vraiment original. Entre drame sentimental et comédie improvisée c’est sur fond de folklore religieux qu’elle enchaîne les saynètes tantôt graves, tantôt burlesques et loufoques sans jamais réellement offrir un rythme de croisière et une véritable intensité à son histoire. Si elle ne chavire pas, son embarcation à toutefois tendance à beaucoup trop tanguer y compris dans ses choix stylistiques volontairement décalés et destructurés plutôt étranges et quelque peu surprenants. Dans une espèce de méli-mélo anarchique oscillant entre mauvais tics de série Z et gros clichés de cinéma d’auteur, on n’a un peu de mal à savoir où le vent souffle et l’on se sent un peu dérouté.

Bien que le contenu de cette tumultueuse amourette pèche par son manque de consistance et une mise en scène anarchique et peu orthodoxe, la rencontre entre Audrey Tautou et Edouard Baer n’en reste pas moins une petite bénédiction. C’est principalement sur le charme et la complicité du couple que repose le salut du film, relayé par une galerie de seconds rôles (Catherine Jacob, Julie Depardieu, Mathieu Demy) divinement croqués dans de subtils contre-emplois. Alors même si il n’y a tout de même pas de quoi crier au miracle, gageons que cette gentille et charmante comédie saura à coup sûr en convertir certains et trouver ses adeptes.

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Journaliste

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