Titre français: DHEEPAN

Equipe: Claudine Vinasithamby, Jacques Audiard, Jesuthasan Antonythasan, Kalieaswari Srinivasan
Durée: 110‘
Genre: Drame
Date de sortie: 26/08/2015
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Sri Lanka. Un homme, une femme et une fille qui ne se connaissent pas empruntent les identités de personnes mortes ainsi que leurs papiers pour pouvoir immigrer en France et fuir la guerre qui touche leur pays.

Notre critique:

Palme d’or à Cannes en 2015, DHEEPAN a rapidement suscité la controverse à la suite de la projection, beaucoup de critiques mettant en exergue les tics connus de Jacques Audiard, son réalisateur, ou encore une vision de l’immigration un peu réductrice.

Car DHEEPAN commence comme un film sur l’immigration de trois êtres qui fuient un pays en pleine guerre civile, le Sri Lanka, pour débarquer clandestinement en France. Depuis les images de guerre, en passant par la vente à la sauvette à Paris jusqu’à un job de concierge dans une cité de banlieue, Audiard brosse, en quelques plans magistraux dont il a le secret, le portrait de la clandestinité et de la difficulté d’intégration.

Et l’on se prend alors au jeu de cette maestria de mise en scène et on se met à attendre avec impatience les dénonciations à venir et un point de vue nouveau sur un sujet déjà abordé, comme on l’avait vu dans UN PROPHETE, pour les films de prison. Hélas, elles ne viendront jamais puisque le film bascule alors dans une étude des cités et de leurs problèmes de violence et de drogue.

Toujours admirablement traité dans une réalisation équilibrée entre plans rapprochés et plans larges, cette partie est tout aussi intéressante que la première mais, même si elle est reliée à la première par le personnage de Dheepan et sa famille fictive, elle n’en reste pas moins un sujet très différent du début du film.

Et alors que le spectateur commence à se faire à ce nouveau sujet, toujours emporté par la maîtrise d’Audiard qui fait que, même cette histoire un peu caricaturale des banlieues et des cités sans lois et sans espoirs, passe à l’écran, voilà que THE RAID débarque à sur la toile, avec un Dheepan qui retrouve soudain ses bons vieux réflexes de militaire pour réduire la racaille locale à néant.

Vous l’aurez compris, DHEEPAN est loin d’être un mauvais film, bien au contraire, mais est-ce vraiment un film? Ne serait-ce pas plutôt trois films en un aux sujets multiples et aux frustrations multiples de ne voir aucun de ces sujets complètement traités?

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