Titre français: Harry dans tous ses Etats

Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 17/02/1998
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans ses romans à succès, inspirés surtout de sa vie privée, Harry ne se prive ni de porter un regard féroce sur ses relations, ni de révéler leur intimité à peine masquée. Ses ex-femmes, ses maîtresses, sa famille, ses amis, tous le haïssent. L'écrivain n'a plus que ses personnages comme confidents, qu'il matérialise près de lui pour le consoler, et encore, ils ne le ménagent pas. En fait, Harry a fait le vide autours de lui. A part la présence des prostituées sur lesquelles il calme son obsession sexuelle, c'est seul qu'il doit affronter son inconstance, ses névroses, ses frustrations et sa panique.

Notre critique:

Autant EVERYONE SAYS I LOVE YOU était une friandise légère, autant DECONSTRUCTING HARRY s’apparente à un plat de résistance particulièrement corsé. On y rit beaucoup. Et de bon coeur. Mais à la longue on ne peut pas s’empêcher de ressentir une gêne devant le chouïa d’épices en trop.

Car son Harry est pitoyable. Et si Woody ne nous ressort que ses obsessions classiques, il a rarement été aussi féroce envers son personnage, aussi scabreux (la sexualité patauge dans le sordide explicite), et aussi expressif dans son malaise. On lui a connu des mises en scène plus subtiles que celle-ci, avec ses cadrages agités, sa structure éclatée et son montage chargé de sautes. C’était celle de HUSBANDS AND WIVES. Déjà à l’époque elle dérangeait.

Même si l’humour constant fait passer plus ou moins la pilule, il y a incontestablement quelque chose de cassé. Le sourire qu’on arbore en sortant de DECONSTRUCTING HARRY porte les plis imperceptibles de l’amertume.

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.