Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 29/10/2002
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Chignon choucrouté, oeil de biche et look façon papillote de noël, elle c'est Rose, une jolie esthéticienne bavarde et extravertie. Perchée sur ses talons aiguilles, elle a décidé de tourner la page et part pour Mexico en classe éco pour tenter d'y refaire sa vie. Hypocondriaque, déprimé et taciturne, lui c'est Félix, un restaurateur français bougon devenu businessman de la bouffe aux Etats-Unis. Les poches sous les yeux et la mine pas rasée, il arrive de New York en classe affaire et attend un vol improbable pour Munich. A des années lumières l'un de l'autre ces deux là n'avaient aucune chance de se rencontrer. Pourtant une grève des avions et le hasard du destin va s'acharner à les faire se croiser et se rapprocher.

Notre critique:

Il était une fois une scénariste émérite, fille d’un célèbre réalisateur (Gérard Oury) qui avait obtenu un gros succès populaire lors de son premier passage à la réalisation (LA BUCHE). Encouragée par les résultats de cette première expérience, elle décida de la renouveler et trouva au fond de ses tiroirs un scénario écrit il y a une dizaine d’années et destiné à la production américaine. Aidée par son fils pour les travaux de dépoussiérage, elle décida de faire de cette comédie sentimentale une histoire « made in France » tout en y gardant les ingrédients de base typiquement ricains. A la recherche de stars du terroir (mais internationalement connues) pour jouer les rôles du riche homme d’affaire grognon et solitaire et de la pauvre petite pin-up ripolinée, l’idée de prendre des acteurs à contre-emploi germa dans son esprit. Quelques coups de fil et une poignée de rencontres plus tard, elle arrêta son choix sur l’ex-mascotte « Bessonniène », le remuant Jean Reno et l’inaccessible égérie de nombreux films d’auteurs, la belle « oscarisée » Juliette Binoche. Le premier coup de manivelle de ce gentil conte de romantique pouvait commencer.

Bon d’accord, 21ème siècle oblige, les carrosses ont été remplacés par des avions, les batailles pour conquérir sa belle ou rencontrer son prince charmant se disputent entre deux grèves d’ordinateurs et de contrôleurs aériens et les GSM sont devenus les « bonnes fées » des temps modernes. Mais l’histoire elle, est vieille comme le monde et la formule magique cinématographique n’a presque pas varié d’un gramme depuis les Frères Lumières. Prenez un prétexte plus ou moins fumeux (ici un aéroport bloqué) pour faire se croiser notre couple improbable (avec bien sûr rien en commun et toutes les bonnes raisons de se détester), ajoutez-y une bonne dose de moments orageux et tout plein d’épreuves difficiles à passer, un zeste d’humour et une pincée d’émotion, mélangez et secouez le tout, pour obtenir une fin heureuse et sirupeuse à souhait bourrée de grands élans amoureux.

Aux grands naïfs qui m’en voudraient de leur avoir dévoilé la maigre intrigue, sachez que le seul lot de consolation de cette bluette pas très originale repose sur l’interprétation de son duo de stars. Sans doute excités comme des puces à faire valoir leurs talents dans un nouveau registre, « roméo » Reno et « pretty » Juliette s’en donnent à coeur joie dans le comique et le caricatural parfois un peu cabotin. Si DECALAGE HORAIRE n’est rien de plus qu’un petit film sans prétention qui ne fait de mal à personne, les fans de Meg Ryan ont tout de même un peu de souci à se faire tant Juliette Binoche est délicieuse lorsqu’elle rit à gorge déployée.

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Journaliste

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