Equipe:
Durée: 85‘
Genre:
Date de sortie: 21/08/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Avec sa jolie frimousse et du haut de ses 20 ans, Maria a des rêves plein la tête et l’intention de croquer la vie à pleines dents. Dans son pavillon de banlieue parisienne entourée de l’amour de ses parents bienveillants et soutenue par son petit ami Karim, elle prend la vie du bon côté. En attendant de pouvoir ouvrir un restaurant, sa vie se partage entre le stage dans une usine qu’elle suit avec sa meilleure copine Linda et les sorties avec sa bande d’amis. Tout va bien, jusqu’au jour où après avoir volé de la lingerie dans un supermarché, elle se retrouve au commissariat.

Notre critique:

Difficile d’imaginer que derrière cette love story sur fond de fait divers, se cache le réalisateur du virulent ETAT DES LIEUX ou encore du très controversé MA 6-T VA CRACK-ER. En effet avec ces premiers longs métrages, l’ancien lascar des cités ne s’était pas fait que des amis d’un côté comme de l’autre du périph’.
Véritable bombe lancée en pleine figure d’une majorité bien-pensante, déclaration de guérilla urbaine teintée de samples militants et de montages einsensteiniens, le cinéma de Jean-François Richet a eu au moins le mérite de ses opinions et permit d’amorcer un débat.

Après 5 années de silence, l’agitateur suicidaire pour certains ou le rageur militant pour d’autres, reprend du service. Mais son retour n’a rien du cocktail explosif auquel il nous avait habitué. Le monsieur a sérieusement mis de l’eau dans son vin, à tel point que ce nouveau breuvage a comme un goût de frelaté.

Ah, le monde enchanté de la cité, l’univers merveilleux de la banlieue! Imaginez des scènes de travail en usine filmées comme des spots publicitaires, de jeunes beurs devenus ouvriers modèles pour s’acheter leur BMW à crédit, des bandes organisées faisant la chasse aux dealers et des pitbulls aussi affectueux que le teckel à poils ras de ma grand-mère. A ce niveau là on ne peut même plus parler de politiquement correct et l’on en vient même à se demander si le cinéaste n’aurait pas servi de cobaye à des expérimentations de lavage de cerveau façon ORANGE MECANIQUE. A tel point que le plus farouche opposant et ennemi de la police et de tout ce qui porte l’uniforme en arrive désormais, tel un saint-père des HLM, à prêcher l’indulgence et la compassion pour les képis fraîchement promus et même donner son absolution aux anciens les plus abjects. Et pour bercer le tout, loin du hip-hop et du rap vindicatif de ses précédentes fictions, des nappes de flonflons violoneux viennent souligner les scènes sentimentales.

On peut comprendre qu’avec ce film Jean-François Richet ait cherché à s’émanciper du carcan  » film coup de poing / film de lutte  » dans lequel il s’était enfermé (s’assagir et mûrir diront certains). Mais de là à faire voeu de renoncement et s’affranchir de tout point de vue dans une histoire naïve et simpliste, c’est ce qu’on appelle une douche écossaise difficile à prendre au sérieux. Cette ode à Virginie Ledoyen, (terme qu’il utilise dans le dossier de presse) si lisse et sans aspérités est désarmante de banalité dans le fond comme dans la forme. DE L’AMOUR rassurera certainement ceux que les idées radicales de son réalisateur affolaient ou dérangeaient. Pour les autres, juste un ou deux petits relents bien cachés de sa flamme rageuse, laisseront à penser que cette dernière n’est pas complètement éteinte.

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Journaliste

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