Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 17/12/1996
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un tunnel reliant New-York au New-Jersey s'effondre à ses deux entrées. Kit Latura (Stallone) ancien secouriste devenu chauffeur de taxi, s'impose à l'équipe de secours, et tente de sortir les derniers survivants alors que l'oxygène s'épuise sous terre et l'innondation est imminente.

Notre critique:

Après le pas fameux DRAGONHEART, Rob Cohen nous revient avec ce DAYLIGHT qui marque également le retour de l’ami Stallone.
Inspiré des films catastrophes des années septante façon LES AVENTURES DU POSEIDON ou AIRPORT, sans oublier TOWERING INFERNO, DAYLIGHT obéit au même schéma narratif.

Pour rappel, nous avions:
1) Présentation des personnages;
2) Déclenchement de la catastrophe;
3) Sauvetage de la plupart des rescapés.

Au passage, chacun, confronté à l’extrémisme de la situation, avait eu le temps de laisser parler sa vraie nature. Et l’on découvrait que le magnanime n’était qu’un sale égoïste ou que la revêche cachait un coeur d’or.
L’immuabilité du principe a dû participer à l’extinction du genre. De surcroît, l’individualisme juste des années 80 se satisfaisait fort peu des valeurs de solidarité (même naïves) mises en avant dans ce genre de films.

Il nous fallut donc patienter bien des années pour retrouver des gens ordinaires coincés, ici dans un tunnel, confrontés à la promesse d’une mort certaine et contraints de puiser en eux-mêmes les ressources insoupçonnées qui leur permettront de s’en sortir, peut-être…

Clamons-le haut et fort: si l’on accepte le principe de base, DAYLIGHT est un film réussi! Pendant près de 2 heures, on a droit à un spectacle bien ficelé, disposant d’un scénario qui, sans s’embarasser de détails, ne néglige pourtant pas de faire exister ses personnages au-delà de la caricature que laisse supposer le quart d’heure introductif.

Ce qui est intéressant dans DAYLIGHT, c’est que le but du jeu est de montrer de l’action. Le film catastrophe doit aujourd’hui jouer sur le même terrain que des films tels INDEPENDENCE DAY, THE ROCK ou MISSION: IMPOSSIBLE. En clair, faut qu’ça pète! Faut qu’ça cloue au fauteuil.
Contrat parfaitement rempli grâce à de nombreuses scènes pyrotechniques soufflantes (l’effondrement du tunnel au début!!!!!) et à une utilisation formidable du suspense le plus primaire, donc le plus efficace (la scène des ventilateurs, celle du camion qui roule, la scène finale…). Parfait. Mais là où le film de Cohen prend une dimension supplémentaire, qui lui permet d’ailleurs de s’asseoir aux côtés des meilleurs films catastrophes, c’est dans son traitement des personnages. Tout d’abord, la catastrophe fait des dégats humains importants et la caméra ne les cache pas comme ce fut le cas avec le décidémment insauvable INDEPENDENCE DAY. En quelques minutes, le tunnel reliant Manhattan au New-Jersey devient un véritable royaume d’outre-tombe. De plus, Rob Cohen s’attache avant tout aux réactions humaines (peur, panique, crise de nerf, …) de ses personnages, y compris monsieur Stallone que l’on n’avait plus vu aussi humain (arrêtez de rire dans le fond de la salle) depuis belle lurette. Dans ces conditions là, l’identification aux personnages est assez facile et nous, spectateurs, nous tremblons pour eux. Une scène notamment (Que va-t-on faire de Georges qui est tout cassé et qui va avoir du mal à nager sous l’eau? ) réveille soudain le cinéma d’action en replaçant en son centre une situation cornélienne ou l’humain redevient le coeur du débat.

Bon d’accord, c’est DAYLIGHT, c’est pas du Nietzsche mais des vrais personnages dans un film d’action, y a rien à faire, c’est tellement rare que c’est directement séduisant.

A propos de l'auteur

Journaliste