Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 06/06/2000
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Gallo est pauvre. Une clope à la bouche, il regarde passer les cargots dans le port de La Havane. Il rêve au jour où un de ces monstres d'acier l'emportera pour chanter de par le monde les vieux airs de son pays. Sa dérive l'entraîne chez des amis musiciens qui, toujours, l'accueillent en frère et lui offrent le gîte et le couvert. Gallo est aussi un troubadour solitaire aux allures d'humble magicien qui illumine la nuit de boléros endiablés, de jams improvisées, de chansons vieilles comme les champs de tabac dans lesquelles résonnent l'écho de romances gâchées et d'amours brisés.

Notre critique:

Avec CUBA FELIZ, Karim Dridi (PIGALLE, HORS JEU) signe un road-movie musical inspiré et débordant d’humanité. La caméra vidéo à la main, il a suivi Miguel del Morales (El Gallo) dans un trip sonore sur fond de rap urbain, de trompettes flamboyantes et de tambours mystiques. En quelques plans, ce barde marginal se transforme. Il devient l’emblème d’une nation et un guide inattendu à travers le Cuba d’aujourd’hui. Au fil des rencontres et des discussions, Dridi capte l’âme d’une population, ses espoirs, ses déceptions et son quotidien morne. Il nous fait vivre ces instants éphémères où, tout à coup, les visages labourés par le soleil et la vie s’allument, les corps s’étirent et oscillent en rythme. Une improvisation musicale au milieu d’une rue poussiéreuse, un morceau de guitare troublé par les aboiements d’un chien dans une arrière-cours miteuse: la poésie qui déborde sur la réalité, on l’appelle la vie.

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Plus qu’un dépaysement, CUBA FELIZ est aussi un tableau social chargé d’émotions. Merci.

A propos de l'auteur

Journaliste