Titre français: Complots

Equipe:
Durée: 134‘
Genre:
Date de sortie: 19/08/1997
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Jerry Fletcher est chauffeur de taxi. Agité de la caboche, le pauvre vit dans une véritable paranoïa du complot. Son imagination galopante élabore des théories sur tout. Théories qu'il publie dans un journal qui finit par tomber entre de mauvaises mains. Poursuivi par d'affreux tueurs (pour une raison qu'il ignore!), il cherche refuge chez Alice Sutton, une ravissante jeune femme qui travaille pour le département de la justice new yorkais.

Notre critique:

Le point de départ est original. Fletcher est un personnage riche et exotique, qui ouvre pas mal de possibilités émoustillantes. La déception est d’autant plus grande lorsqu’au milieu du film, le scénario sombre tout à coup dans une histoire granguignolesque complètement extravagante. Même si le Dr Jonas, le méchant de service, est effrayant à souhait (la scène où il torture Fletcher est particulièrement flippante), ses motivations et ses réactions sont tellement aberrantes qu’on préfère l’oublier.

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Pour maintenir notre attention, Richard Donner (LETHAL WEAPON I, II et III) utilise donc la bonne vieille technique de l’action à gogo. Cela tire, cela explose. Cela cavale, cela bastonne. De l’action, il y en a. A tel point qu’à un certain moment, l’intrigue ne progresse plus. Du coup, Donner nous assène une scène explicative mal ficelée, sensée faire avancer le schmilblik. Malheureusement il s’y prend mal. C’est lourd et mal amené, il fait appel aux clichés du genre. Ainsi, on a droit au fameux : »Je vais tout vous dire, parce que vous ne le raconterez plus à personne ensuite » ou encore, à la fin du film, le coup de l’amnésique qui dit « cette fois, je me rappelle de tout, … ».

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Donner s’attarde longuement sur les détails placés là pour resservir quelques minutes plus tard. Il fait dans le didactique. Pas de problème, on ne risque pas de perdre le fil. Dans les scènes de stress, il travaille sa lumière. Mais le jeu des rouges et des bleus alternés est envahissant et frise le ridicule. Cela sent la mauvaise série B.

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Une mauvaise série B dans laquelle on retrouve pourtant deux grands noms: Julia Roberts sur le retour, et Mel Gibson sur le départ. Un couple dont le jeu est contrasté: d’une part, Julia Roberts qui fait ce qu’elle peut, et, soyons gentils, ce n’est pas grand chose; d’autre part, Mel Gibson, qui, par peur de n’être qu’un personnage de papier aux mains des comploteurs, surjoue un max. Pensez-donc! Jerry est une double de Martin Riggs (LETHAL WEAPON), dix fois plus insupportable. Cette surenchère est énervante au possible. Opposé à ce couple de fortune, Patrick Stewart, le commandant Picard de STAR TREK: FIRST CONTACT, qui tire le mieux son épingle du jeu. Il interprète un illuminé fanatique du plus beau cru, dont les rictus atroces glacent le sang.

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Plus ambitieux que le burlesque SHADOW CONSPIRACY, CONSPIRACY THEORY se plante à cause de son sérieux et du manque de rigueur dans l’exploitation des (trop) rares bonnes idées sur lesquelles il se base. Interchangeable et inutile, il ne convainc pas.

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Journaliste