Titre français: Les Ailes De L'Enfer

Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 08/07/1997
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Cameron Poe (Nicolas Cage) est un bon gars qui se retrouve en prison après une bêtise de jeunesse. Huit ans après, alors que sa femme l'a patiemment attendu et que sa fille a grandi, il est enfin libéré. Mais il ignore que l'avion pénitentier qui le transporte vers la liberté déborde de la pire racaille de l'univers. Et ces vilains pas beaux commandés par l'affreux Cyrus le Virus (John Malkovitch) tentent de se faire la belle pendant le voyage...

 

Notre critique:

Chaque été on doit se farcir le gros bing-paf-pouf lobotomisé du producteur Jerry Bruckheimer, sans l’aide de son collègue et ami Don Simpson qui a définitivement rejoint les paradis artificiels. L’année passée, c’était THE ROCK. Cette année c’est CON AIR. La même chose avec un titre bien court, bien facile à retenir pour les cervelles de veau. Après la vision affligeante, on se demande si ce titre n’a pas été imaginé par un francophone farceur et dyslexique…

Plus sérieusement, CON AIR, c’est l’agence fédérale américaine chargée de transporter les détenus (CONvicts en v.o.) par voie aérienne. « L’idée était totalement originale et se déroulait dans un univers peu connu – dit avec raison M. Bruckheimer. Le potentiel de cette histoire en terme d’action mais aussi de psychologie était évident » – se croit-il obligé d’ajouter sans éclater de rire.

Soyons sérieux une minute. Il y a les Bons et les Méchants qui se foutent sur la gueule, point. Ils sont peut-être plus nombreux que d’habitude, très caractérisés (ce qui ne veux pas dire profonds) et systématiquement en conflit. Si ces confrontations stériles dynamisent techniquement l’histoire, elles ne dépassent pas le niveau de « c’est-moi-que-j’ai-la-plus-grosse-et-si-t’es-pas-d’accord-alors-j’te-pète-la-gueule ». Par contre les mitraillettes parlent beaucoup dans CON AIR. Peut-être est-ce pour étaler leurs états d’âme?

Le cinéma de Bruckheimer est une insulte à la notion même de psychologie. Pour lui le monde se compose de: 1) héros musclés et bons comme le pain, 2) méchants fous sadiques, 3) femelles qui sont soit des saintes, soit des putes, soit des mecs en jupons. Depuis quinze ans, il décline toutes les rencontres possibles et rempli les vides béants en cassant de la tôle. Ca donne THE ROCK, BAD BOYS, LE FLIC DE BEVERLY HILLS, TOP GUN… Son cinéma pue la sueur, la poudre, l’huile de moteur, le kérosène et il s’adresse aux boeufs. Le pire, c’est qu’il essaie de faire avaler la pilule en utilisant de très bons acteurs. On félicitera John Malkovitch de n’avoir pas cédé à un seul fou rire pendant le tournage, tant il est prié de mettre de talent dans un personnage qui n’en vaut vraiment pas la peine (voir l’évocation du tournage dans son interview).

Un certain Simon West signe la réalisation. Bien qu’il affirme avoir eu une totale liberté sur le plateau, il a réussi à pondre tip-top la même mise en scène que TOUTES les productions Bruckheimer réunies depuis maintenant plus de quinze ans: un long clip bourré de tremblements et de faux raccords qui rend l’action illisible. Mais c’est plein de filtres colorés alors on dit que « ça fait très pub »…

CON AIR n’a qu’une seule qualité: on rit beaucoup. Mais ce n’est pas sûr que ce soit pour les raisons voulues par M. Bruckheimer…

 

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.