Titre français: Comment Je Me Suis Disputé… (Ma Vie Sexuelle)

Equipe:
Durée: 178‘
Genre:
Date de sortie: 04/06/1996
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Paul aime Sylvia qui est la petite amie de Nathan son meilleur copain. Mais Paul est avec Ester, qu'il ne veut pas abandonner tant qu'elle n'a pas réussi son examen. Entre-temps, Valérie drague Paul parce qu'elle ne supporte plus Jean-Claude. Le même Jean-Claude qui draguait Ester pendant la soirée de nouvel an...

Notre critique:

COMMENT JE ME SUIS DISPUTE raconte les amours impossibles d’un assistant en philosophie. Ce dernier, interprété par Mathieu Amalric, est viscéralement insupportable: il est égoïste, prétentieux et bavard. Incapable de penser simplement, ses réflexions l’emmènent souvent aux portes du ridicule. En deux mots: c’est un personnage drôle! Pendant deux heures, on rit de bon coeur de ses déboires. Les dialogues se prennent au sérieux, mais comme ils commentent des faits particulièrement anodins (est-ce qu’elle m’aime? Pourquoi ne veut-elle pas de moi? etc.), ils deviennent carrément désopilants. En outre, le bon coeur du réalisateur et des comédiens est communicatif, et c’est tant mieux !rn

Desplechin est le réalisateur de LA SENTINELLE, un somptueux film d’espionnage baigné d’une ambiance trouble. Ici, il adopte un ton péremptoire, qui éloigne son film du canevas « comédie française », et qui et lui donne un cachet « intellectualisant » pas forcément désagréable, mais parfois un peu encombrant. Juste un exemple: le film est entrecoupé par une voix-off, qui débite des textes référentiels, qu’on ne comprend pas toujours. Cela dit, le temps de quelques scènes, on replonge dans l’atmosphère sordide de LA SENTINELLE: rien que l’épisode du singe coincé derrière le radiateur mérite le détour. Grâce à ces mécanismes artificiels, Desplechin sème le doute sur son histoire et capte notre attention.rn

Mais voilà, au fur et à mesure du film, notre attention s’érode. On commence à s’embêter. Deux heures de références autobiographiques, cela finit par fatiguer (si j’en juge par les ronflements de mon voisin de droite), voire même énerver (mon voisin de gauche a dû manger tous ses ongles). Il ne faudrait pas oublier qu’un film, c’est fait pour être vu. Le spectateur n’est pas forcé d’avoir les mêmes affinités que le réalisateur, et encore moins de comprendre toutes ses allusions métaphysiques. Si seulement le sujet du film était passionnant… Parce que, avouez que trois heures de dialogues, d’allers et venues amoureuses, juste pour découvrir que l’amour transforme le coeur d’un homme, c’est fastidieux. En outre, tous ces personnages parlent sans arrêt, mais ils n’ont pas l’air d’en savoir plus que vous et moi sur l’amour qu’ils analysent et qu’ils sont censés vivre. Finalement, on a plutôt envie de leur botter le derrière que de les écouter…rn

En conclusion, COMMENT JE ME SUIS DISPUTE est un film sympa, mais long, trop long. La dernière heure est laborieuse. Le dernier quart d’heure est carrément une caricature du cinéma français d’auteur. Dommage, car l’intention et le ton sont séduisants. Dommage aussi, parce que cet Arnaud Desplechin, on le devine capable de réaliser de grands films. Tant pis, il faudra attendre le prochain…

A propos de l'auteur

Journaliste