Titre français: Coup De Lune / Une Echelle Pour La Lune

Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 29/04/1997
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Les choses ne vont pas bien pour l'astrophysicien Lorenzo (Tcheky Karyo): sa femme le quitte et on lui coupe les fonds pour ses projets scientifiques. Alors qu'il séjourne en Sicile pour revendre la maison de son enfance, il fait la connaissance de Salvatore (Nino Manfredi), un vieil ouvrier dont le fils fou vit dans une communauté pour jeunes atteints de troubles psychiques. A leur contact, Lorenzo redécouvre le sens de la vie.

Notre critique:

Pour son premier long métrage de fiction, Alberto Simone est parti d’une expérience personnelle qu’il a menée dans une communauté thérapeutique pour jeunes névrosés. Malheureusement, malgré les meilleures intentions du monde, son traitement prête à discussion. Car Simone a réussi à vider son film d’émotion. Habitué des publicités et du documentaire institutionnel, il a schématisé la déprime de son héros et la description de la folie dans des arguments scénaristiques clairs, simples (pour ne pas dire simplistes), dont les développements suivent une dramaturgie strictement mécanique. Ce genre de chose scolaire que l’on obtient en suivant à la lettre un manuel du scénario. Chaque personnage a UNE faiblesse étalée sur une courbe dramatique ennuyeuse de perfection. Plutôt réducteur pour des états passionnels troublés. La mise en scène léchée s’enlise dans un classicisme tout ce qu’il a de plus détestable, poursuivant le massacre de l’écriture. C’est triste: toute la sincérité disparaît sous une technicité sans faille.

« UNE ECHELLE POUR LA LUNE, dit-on dans les notes de production, se situe dans les intentions de ses producteurs, dans la lignée d’un nouveau cinéma européen de qualité: et cela non seulement parce qu’y participeront des artistes et des techniciens de pays différents mais surtout parce qu’il représente des thèmes aussi actuels qu’universels ». Bigre.
C’est vrai que depuis des nanars boursouflés comme FARINELLI ou LE HUSSARD SUR LE TOIT, l’Europe généralise l’académisme propre, prétendument « universel » et de « qualité ».

Grâce à des films comme UNE ECHELLE POUR LA LUNE, « de qualité » redevient aussi péjoratif que sous la plume des critiques de la Nouvelle Vague dans les années cinquante. Et ils avaient bien raison…

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.