Titre français: Retour à Cold Mountain

Equipe:
Durée: 155‘
Genre: Drame
Date de sortie: 17/02/2004
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Venant de Charleston, Ada Monroe et son père le révérend viennent s'installer à Cold Mountain. C'est là qu'elle rencontre W.P. Inman, un jeune charpentier timide.
Et c'est le début d'un amour coup de foudre qui perdurera au-delà de la guerre civile qui s'annonce entre le sud et le nord...

Notre critique:

Et voici un film qui arrive pile pour les Oscars! La petite statuette devrait briller sur COLD MOUNTAIN car le réalisateur de ENGLISH PATIENT a réuni tout ce qu’il faut pour que l’Académie lui fasse les yeux doux… A commencer (principalement) par un casting de la mort qui tue. Jude Law (GATTACA, A.I. et qui tourne pas moins de sept films en 2004!), en jeune paysan bourru et timide est parfait. Nicole Kidman, avec son petit accent sudiste, ne démérite pas. Renée Zellweger en paysanne fruste est à la limite du registre comique mais fait preuve d’un talent incontestable. Enfin tous les seconds rôles, de Philippe Seymour Hoffman à Natalie Portman en passant par Donald Sutherland, sont soignés même pour seulement quelques minutes de passage à l’écran.

Mais il n’y a pas que le casting… Avec une histoire d’amour impossible ou presque, Anthony Minghella développe en plus de deux heures et trente minutes un mélodrame bien appuyé là où il faut: un père qui meurt, le héros blessé à mort, des morts bien dramatiques, des orphelins, que demande de plus l’amateur de drame? Ah, si! Un brin d’horreur guerrière à la ‘SAVING PRIVATE RYAN’ viennent renforcer le début de l’histoire en assénant d’emblée la différence entre la guerre civile et la douceur paisible de Cold Mountain qui sera peu à peu atteinte par la folie des hommes. Les images de la guerre sont fortes et saisissantes, sans concessions aucune et ne font qu’ajouter un élément de plus à une oscarisation latente!

Bon, oui, c’est vrai qu’à l’instar de la poule et de l’oeuf, d’aucuns diront que ce film n’est pas écrit pour les Oscars, mais que les Oscars existent depuis toujours pour ce type de film. Enfin, cela ne change rien à l’affaire car les tics d’écritures de Minghella en choisissant d’adapter un roman de Charles Frazier sont trop flagrants pour ne pas gêner. Le long retour de guerre d’Inman face à la longue attente de Ada, sorte d’artifice tout fait pour le climax des retrouvailles et la scène d’amour, en est une parfaite illustration. Sans parler de l’enfantement au premier regard (oui, c’est vrai, j’exagère, j’aurais dû dire accouplement)…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...