Equipe: Michael Winterbottom
Durée: 93‘
Genre:
Date de sortie: 23/11/2004
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le futur proche. Le Soleil brûle la Terre. Les classes dirigeantes vivent la nuit à l'abri de ses rayons. La reproduction est assurée par manipulation génétique. Le monde est tenu par un gouvernement qui surveille le moindre mouvement de chaque individu. On ne peut pénétrer dans les mégalopoles qu'en possession d'un laisser-passer limité dans le temps. Un agent du gouvernement est envoyé en mission à Shanghaï pour démasquer un trafiquant de faux papiers. C'est Maria, dont il tombe immédiatement amoureux. Leur passion dure le temps du laisser-passer - un jour -, fait échouer la mission et enfreint la loi en vertu du Code 46...

Notre critique:

On retrouve du THX 1138 et de l’ALPHAVILLE dans CODE 46. Peut-être Michael Winterbottom s’est-il inspiré de l’histoire du premier – un amour interdit dans une société non-violente mais totalitaire – et de l’imagerie du second – le futur n’est qu’un léger décalage du présent – pour réaliser ce film de science-fiction fascinant et désespéré.

La beauté des images (Shanghaï la nuit, mégalopole de verre et d’acier), le rythme lancinant de la musique et du montage, l’extrême délicatesse des rapports entre les personnages, rendent plus terrible cette histoire d’amour impossible. La tristesse est encore amplifiée par la perspective effrayante d’un futur entièrement dirigé par les « compétences douces ».

Pour ceux qui ne jurent que par les vertus l' »intelligence émotionnelle », CODE 46 vient rappeler que dans l’expression soft power, il y a aussi power. On est bien en dictature où la politesse n’est que manipulation et où l’indifférence remplace la violence. La vie de tout un chacun est entièrement contrôlée sans contrainte physique, mais par des droits d’accès, et les sentiments sont amplifiés, supprimés, inventés par contrôle bio-chimique. L’oubli fait office de mise à mort.

Si le sujet de CODE 46 n’est pas original – on pense vite au Meilleur des Mondes – Michael Winterbottom a su le dépasser grâce à une mise à jour bien actuelle (réchauffement planétaire, polarisation de la société, oui oui c’est maintenant qu’il faut en parler). Mais surtout, il lui a donné l’émotion et l’engagement si intenses qui – de JUDE à IN THIS WORLD – font de lui un des réalisateurs les plus passionnants de ces dernières années.

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.