Equipe:
Durée: 95‘
Genre:
Date de sortie: 23/02/1999
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Claire Dolan (Katrin Cartlidge) est une prostituée new-yorkaise. Elle travaille sans relâche pour rembourser Roland, son souteneur (Colm Meaney). A la mort de sa mère, elle prend conscience du vide de son existence, et décide de regagner sa liberté. Elton (Vincent d'Onofrio), un chauffeur de taxi rencontré par hasard, accepte de la mettre enceinte, et entreprend, à son insu, de la sortir de là...

Notre critique:

Lodge Kerrigan est un cinéaste indépendant américain. Son premier long métrage, CLEAN SHAVEN, est passé inaperçu en Europe. CLAIRE DOLAN, son deuxième film, devrait par contre y faire un beau parcours. Kerrigan met en scène le combat d’une femme qui espère retrouver sa dignité. Pour sortir du milieu, Claire doit briser l’emprise des hommes et de l’argent et vaincre une société qui isole les marginaux. Elle n’obtiendra sa liberté qu’au prix du sacrifice de tout son passé et de ses proches. Un prix qu’elle seule peut payer, si elle en trouve la force. CLAIRE DOLAN est peut-être un film amer parce qu’il dépeint avec réalisme un milieu sombre, mais il est surtout chargé d’espoir et de courage. rn

Kerrigan aborde son sujet avec une esthétique apparemment contradictoire: celle de la ville et de son gigantisme. L’image est stylisée et souvent froide. Kerrigan rythme son film par des intermèdes urbains, photographies enivrantes d’immeubles de verre et de béton, alignements infinis de vitres dans lesquelles se reflètent d’autres alignements. Il tourne ses intérieurs dans des appartements modernes au mobilier quasi absent. A l’aide de ces décors épurés, Kerrigan concentre notre attention sur les tourments des personnages. Il amplifie les hésitations de Claire et la nonchalance apparente d’Elton. rn

Katrin Cartlidge (BREAKING THE WAVES, CAREER GIRLS) interprète une femme bouleversante, acculée par le destin à prendre sa vie en mains. C’est dans son corps, dans ses gestes et son regard que l’actrice transmet son émotion. Les dialogues sont secondaires, et ne font qu’accentuer le manque de communication qui règne entre les différents protagonistes. A ses côtés, deux hommes sont les pivots de son avenir. Colm Meaney (THE SNAPPER, THE VAN) laisse paraître derrière son aplomb formidable une subtile ambiguïté, une once d’humanité qui crédibilise son personnage. Face à lui, Vincent d’Onofrio (ED WOOD, STRANGE DAYS) joue lui aussi sur les non-dits. Sa démarche maladroite et son regard lointain sont les indices flagrants de sa difficulté à transmettre son amour à Claire. rn

Les images et les acteurs contribuent à faire de CLAIRE DOLAN un film d’une sensibilité à fleur de peau. Un film d’émotions pures, présage, on l’espère, d’une très bonne année cinéma 1999!

A propos de l'auteur

Journaliste