Equipe:
Durée: 97‘
Genre:
Date de sortie: 12/08/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Quatre mecs planifient un coup fumant. Le casse se prépare, les potes d'un moment s'affairent à leurs derniers préparatifs. Le braquage se déroule sans anicroche. Voilà le moment que tout le monde attend: le partage des sous-sous... Le petit jeunot (Stephen Dorff) veut blouser tout le monde, il descend deux de ses ex-partenaires et rate de peu le vieux de la vieille (Harvey Keitel... à qui on ne la fait pas). Son fréro à terre et sa part dans les airs, Harvey n'a que le goût de la vengeance en bouche...

Notre critique:

Harvey Keitel est un excellent acteur. A travers divers rôles, il a su installer son image de beau salaud à la virilité brute. Il a toujours suscité l’intérêt, quel que soit le film dans lequel il fut impliqué. Pourtant, à force de jouer les Keitel, Harvey se perd dans des personnages qui ne sont plus que les ombres de son passé cinématographique. CITY OF INDUSTRY ne démentira pas cette affirmation.

On a droit à un polar de plus. A l’heure où un nouveau souffle plane sur les réalisateurs américains de films noirs, Irvin s’enlise et retombe dans les classiques du genre. Sans réelle originalité, son film est complètement décalé par rapport à la production actuelle: il a un goût de vieux et ce malgré une violence très sèche. Alors que l’ellipse cinématographique fait merveille dans le système narratif hollywoodien, Irvin installe confortablement la rencontre des malfrats tout en s’éternisant sur les diverses étapes antérieures à la répartition du magot. La deuxième partie du film, épurée en dialogues, laisse les acteurs errer vers leur destin…

Généralement reléguée au second rang, les femmes dans les polars d’hommes sont perdues dans des rôles de poules plus utiles à genoux qu’un flingue à la main. A contre-emploi, Famke Janssen incarne la concubine d’une des victimes de Stephen Dorff. Loin d’être le top model que l’on est en droit d’imaginer à la vue de sa filmographie (la dernière James Bond girl), cette mère au foyer qui s’habille en jeans et t-shirt a une force de caractère qui fait plaisir à voir. Elle prouve par son interprétation qu’elle est bien loin des potiches qui garnissent les super-productions actuelles. Elle élève une femme dans un film peuplé d’hommes…

Côté mâle, Harvey Keitel est égal à lui-même en personnage semi-torturé. Sans se renouveler, il réussi à rendre son salaud de personnage sympathique, c’est une habitude avec lui…

CITY OF INDUSTRY est un polar classique, démodé et convenu. Alors peut-être pour Harvey, mais certainement pour Famke…

A propos de l'auteur

Journaliste