Equipe:
Durée: 113‘
Genre:
Date de sortie: 14/07/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Seth, gentil ange mâle, tombe amoureux du gentil docteur féminin Maggie Rice. Leur liaison est pourtant fort compromise. D'une part, Maggie est rationnelle et convaincue. Elle ne croit pas aux petits hommes ailés. Et qui ne croit pas... ne voit pas! Il lui faudra vaincre ses convictions pour voir les grands yeux tristes de Seth. D'autre part, si ce dernier veut concrétiser leur union, du style, par exemple, lui donner un petit bisou de rien du tout, il lui faudra renoncer à l'éternité. Glup! Le choix est cornélien.

Notre critique:

Les Américains sont doués pour recycler, à leur manière, les bonnes idées du cinéma européen. Avec bonheur, parfois: TRUE LIES. Avec maladresse et sans inspiration, souvent: NIKITA, TROIS HOMMES ET UN COUFFIN. Cette année, ils s’attaquent au classique de Wim Wenders, LES AILES DU DESIR. Ou l’histoire d’un ange qui tombe amoureux d’une terrienne. Vu les qualités de l’original, renommé pour son scénario et son esthétique, il y a de quoi flipper dans nos pantalons. Surtout quand on apprend que le réalisateur n’est autre que Brad Silberling, l’homme de CASPER LE GENTIL FANTOME…

rn

CITY OF ANGELS, c’est le choc du scénario, linéaire et estival, et des personnages, creux et caricaturaux. Pourtant, cette comédie mélodramatique sinue élégamment d’un bord à l’autre du sentier banalisé des scénarios made in USA. La scénariste Dana Stevens, pas connue pour sa créativité (elle avait signé le scénario de l’oubliable BLINK), nous a réservé quelques surprises. Si ses personnages sont plutôt artificiels, les producteurs ont pallié ce manque en engageant deux grosses pointures hollywoodiennes. A gauche, Meg Ryan. Maggie est son ixième rôle de nana à séduire. C’est dire si elle sait de quoi elle parle! A droite, Nicolas Cage, qui se repose après une série de films très très musclés (CON AIR, FACE/OFF). On a un peu de mal à encaisser ses regards pitoyants (et pitoyables), mais on l’aime bien. En le voyant, on se rappelle son magnifique rôle dramatique dans LEAVING LAS VEGAS. Et du coup, on lui pardonne.

rn

Celui qu’on a un peu plus de mal à encaisser, c’est Silberling. Fort du succès de son CASPER, il se prend la tête, à deux mains et avec les pieds s’il le pouvait. On parle d’anges et de phénomènes célestes? Le voilà qui nous aligne plongée et contre-plongée à tire-larigot. Cela devient presque nauséeux. Et Silberling surenchérit! Les anges se baladent à longueur de film sur des gratte-ciels? Silberling les filme depuis un hélicoptère, en tournoyant. A vous donner le tournis.

rn


Ce n’est que quand il oublie de concurrencer Wenders qu’il retrouve un peu de savoir-faire. Les scènes terrestres sont assez réussies. Les fêtes de famille, les discussions de couple, les promenades en ville sont joliment mises en scène. Sans prétention, celles-là!

rn

CITY OF ANGELS n’est donc pas un grand film. Loin s’en faut. Citons quand même à sa décharge une intensité dramatique bien dosée, des personnages sympathiques et un sujet intéressant, pour ceux qui n’ont pas vu l’original. Et puis, on peut parier que le couple Cage et Ryan fera couler quelques larmes d’émotion sur les joues de jeunes filles romantiques…

A propos de l'auteur

Journaliste