Equipe:
Durée: 94‘
Genre:
Date de sortie: 04/06/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Mark "Chopper" Read, sa vie, son oeuvre.
Ou l'adaptation en film de l'autobiographie d'un criminel paraît-il légendaire.

Notre critique:

CHOPPER n’est pas un nouveau film… Sorti en août 2000 en Australie, passé au Festival de Toronto en septembre 2000 et en 2001 au Sundance Film Festival, il continue lentement mais sûrement sa carrière internationale.

Basé sur la vie réelle et l’oeuvre de Mark Brandon Read, criminel australien de son état, CHOPPER frise le documentaire biographique dans son propos mais propose dans sa forme une tentative de descente à l’intérieur d’un esprit dérangé, paranoïaque ou schizophrène.

Dès le début, le réalisateur Andrew Dominik (dont c’est le premier film) donne le ton en plongeant le spectateur dans l’univers gris-bleu et vert du pénitencier dans lequel se trouve Mark ‘Chopper’ Read, un dingue, dont la seul volonté est de se faire un nom par le crime. La violence très réaliste, soulignée par un univers carcéral à la limite de la caricature, transcende le réalisme en une expérience presque surréaliste. La scène de poignardage de Chopper par ses ‘amis’ en est une parfaite illustration…

La deuxième partie du film nous entraîne hors de l’univers de la prison, et nous montre comment un être comme Chopper, déjà au bord du gouffre de la folie, se trouve déstabilisé encore plus par son entourage (Tanya, sa copine prostituée, son père irresponsable et qui rejette son fils). La jalousie, les sentiments mêlés vont conduire Chopper au bout de sa rage, de sa paranoïa et aux confins de la réalité criminelle.

A l’instar d’un NATURAL BORN KILLERS, CHOPPER met en évidence l’importance des médias dans le processus de reconnaissance des grands criminels de notre société et montre à quel point le gouvernement peut également récupérer ce type de personnage pour son usage propre (collaboration avec la police).

CHOPPER n’est pas un film pour Monsieur-Tout-Le-Monde mais il a le mérite de faire un constat sans concessions aucune en alliant suffisamment bien son récit et sa forme pour titiller l’esprit du spectateur averti.

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...