Titre français: Le Chocolat

Equipe: Juliette Binoche, Lasse Hallström, Victoire Thivisol
Durée: 122‘
Genre:
Date de sortie: 13/03/2001
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C'est par un soir d'orage que Vianne Rocher (Juliette Binoche) et sa fille Anouk (Victoire Thivisol, qui a bien grandit depuis PONETTE) débarquent à Lansquenet, une bourgade de la France profonde. Petite précision, nous sommes dans les années 50 et la mentalité de ses autochtones n'a pas évolué depuis près de cent ans (c'est la voix-off qui le dit). Entendez par là que la vie des villageois est régentée par le très conservateur et intolérant comte de Raynaud (qui fait office de maire) et leurs us et coutumes dictés par le goupillon (qui fait l'office tout court). C'est donc d'un regard inquisiteur qu'est saluée l'arrivée de cette voyageuse impénitente qui, en osant ouvrir son magasin de chocolats en plein carême, va commettre un sacrilège qui fera d'elle l'incarnation du diable. Considérée comme un lieu de débauche, sa confiserie n'en suscite pas moins la curiosité des ouailles. Il faut dire que la belle a plus d'un tour dans son ballotin et qu'elle possède le don magique de deviner les désirs les plus profonds de chacun. Ainsi elle concocte les friandises les plus appropriées aux maux de chaque villageois, réveillant chez eux des pulsions épicuriennes.

Notre critique:

C’est à la télévision suédoise et en réalisant des clips pour le groupe Abba que Lasse Hallström a fait ses armes, découvert outre-atlantique avec le succès de MY LIFE AS A DOG, il s’est depuis exilé chez l’oncle Sam. Après avoir adapté Irving (CIDER HOUSE RULES), le réalisateur de GILBERT GRAPE confirme son goût pour le terroir les belles histoires avec ce roman de Joanne Harris. CHOCOLAT est une fable légère qui sous prétexte des bienfaits du cacao nous dispense un message de tolérance, de liberté et des plaisirs de la vie. Aussi louable soit cette métaphore du bonheur humain, la façon dont elle est livrée est désarmante de naïveté. Certes on ne peut pas demander à un suédois exilé à Hollywood de filmer la France rurale avec la précision d’un horloger suisse mais il faut bien avouer que les clichés du genre sont parfois énormes et risibles, et que la version originale rend le mélange des deux langues bien peu heureux.

Si l’arrivée de Vianne divise le village en deux camps bien distincts, il est fort à parier que la vision du film partage la salle en deux blocs antagonistes. D’un côté ceux qui se rassasieront de ces images d’Epinal et y verront un joyeux conte sucré porteur de joie et de volupté, et de l’autre ceux à qui touts ces bons sentiments et ce manque de relief donneront une sensation de crise de foie. Alors lourde guimauve ou douce friandise, c’est à vous de goûter.

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