Titre français: Charlie et ses Drôles de Dames

Equipe:
Durée: 89‘
Genre:
Date de sortie: 21/11/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Trois aubergines (fliquettes, si vous préférez) qui en avaient marre des tâches subalternes auxquelles leurs supérieurs les cantonnaient se font engager par un mystérieux Charlie qui en fait des détectives de charme super efficaces sous la supervision bienveillante de Bosley, son homme de main et néanmoins ami.

Notre critique:

En 1976, le roi de la série télé US, Aaron Spelling, nous sort de ses cartons DROLES DE DAMES. Malgré sa réalisation et ses scénars bien cruches, la série fait un carton, comme il se doit lorsqu’il s’agit d’une série estampillée Spelling (STARSKY ET HUTCH, LA CROISIERE S’AMUSE, LES COSBY, HOOKER, L’AMOUR DU RISQUE).

Il n’est donc pas étonnant que le Hollywood en panne d’inspiration ait souhaité adapter la chose pour le grand écran.

Après les adaptations de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR ou des MYSTERES DE L’OUEST, nous avions toutes les raisons de redouter un nouveau massacre, d’autant que la série originale était en fait vraiment tarte (si, si, franchement, revoyez-en, Kate Jackson semble avoir été trépannée la veille, Jaclyn Smith ressemble à Soeur Sourire et Farah Fawcett tient de la poupée Barbie, surtout en ce qui concerne la rigidité). Les échos d’ennuis pour boucler le casting des Dames et les rumeurs d’engueulades virulentes sur le tournage entre Murray et Liu n’avaient pas contribué à apaiser nos craintes.

C’est pourquoi on est particulièrement surpris, et même enthousiaste, de trouver à l’arrivée un produit (insistons sur le terme tout de même) de pur divertissement parfaitement réussi.L’action est au rendez-vous mais remplace fréquemment les sempiternelles explosions par des combats d’arts martiaux particulièrement jouissifs. On remercie d’ailleurs une fois encore les frères Wachowsky (MATRIX) pour la popularisation du Hong-Kong style aux USA.

L’humour est bon enfant mais nettement plus débridé qu’à l’accoutumée ce qui nous change des sempiternelles vannes qui ponctuent les scènes d’action façon les LETHAL WEAPON, BAD BOYS, CONAIR et pénible compagnie.

Le casting enfin est à tomber à la renverse. Bill Murray est séduisant, sexy et développe un charme ravageur. Ah non, pardon, lui, il est juste drôle. Mais il est bien drôle. Enfin c’est Bill Murray, quoi! GROUNDHOG DAY, MAD DOG AND GLORY, on en passe et des meilleurs. En face de lui, les drôles de dames le sont un peu moins mais alors là elles sont vraiment à rendre le loup de Tex Avery fou de folie. Chacun pourra trouver sa favorite, personnellement j’embarque les trois! Il y a certes un brin d’érotomanie dans ces propos mais j’assume. Et j’ajouterai que je réfute d’autorité toute accusation de sexisme qui serait portée à l’encontre du film. Pour COYOTE UGLY, je suis d’accord mais ici, no way! Parce que les anges de Charlie, ils sont gentils (ils aiment bien Bosley qui est pourtant un peu sosot), ils sont intelligents (ils déjouent toujours les pièges des méchants), ils sont costauds (ils donnent plein de claques aux méchants qui finissent toujours par dire « pouce »); donc, je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas être jolis aussi. C’est pas incompatible. Et puis, aucune demoiselle ne s’est jamais insurgé à l’encontre de la plastique de James Bond. Donc, museau! hein, les filles.

Encore un mot à propos du scénario. Je rappelle qu’il s’agit d’un produit et que la notion de « produit » est souvent incompatible avec celle de « scénario ». Et, pour une fois, puisque l’on a la possibilité de se rabattre sur d’autres choses nous n’en tiendrons pas (trop) rigueur.

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Journaliste