Equipe:
Durée: 113‘
Genre:
Date de sortie: 20/11/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C’est par une pluie battante, le regard hagard et le corps fatigué que Dimitri atteint d’un cancer, arrive un jour dans ce petit coin reculé de Provence pour y passer les quelques semaines qui lui reste à vivre. L’établissement qui l’accueille, pudiquement baptisé La Maison, est un endroit de réconfort et de soins réservé à des malades pour qui la médecine ne peut plus rien. Pas tellement bavard et quelque peu misanthrope, Dimitri va d’abord rejeter l’idée qu’il est condamné et camoufler sa peur en s’isolant des autres et sombrant dans le mutisme, jusqu’à ce qu’il croise le sourire de Suzanne. Cette jolie bénévole lumineuse et pleine de vie qui pourtant cache un secret et une fêlure derrière sa générosité et son dévouement, va réveiller en lui l’envie et l’énergie de vivre une dernière histoire d’amour. Avec patience et passion, ils vont s’aider et s’aimer, s’offrant des émotions et des instants de bonheur qu’ils n’avaient jamais vécus et auxquels ils ne croyaient plus.

Notre critique:

Soyons honnêtes, bien que chacun d’entre nous soit inéluctablement concerné par la question et tôt ou tard confronté directement au problème, la fin de la vie et l’accompagnement vers la mort font partie des thèmes tabous qui dérangent notre brave société et que l’on n’aborde guère. Malgré l’aspect plutôt déprimant et pas franchement folichon du sujet, la psychologue spécialisée en soins palliatifs Marie de Hennezel a pourtant osé en parler à travers un livre, LA MORT INTIME. Emu par cet ouvrage mais aussi et surtout bouleversé par la rencontre avec son auteur et les malades du centre de soins dont elle s’occupe (dont certains jouent dans le film), le réalisateur Jean-Pierre Améris a voulu au travers de ce quatrième long métrage, partager son expérience et faire tomber certaines barrières et idées reçues sur la Grande Faucheuse et son attente.

Préférant au documentaire réaliste la fiction romanesque, il opte pour un choix pour le moins périlleux où les risques sont grands de basculer à tous moments dans le mélodrame larmoyant et facile. Conscient de ce danger, du coup son film n’ose aucune audace et semble avoir quelques difficultés à trouver le ton juste. A trop vouloir bousculer les préjugés et les a priori de son sujet, C’EST LA VIE pèche par excès dans la romance et les scènes truffées de bons sentiments tout en essayant de se ressaisir avec une dose juste comme il faut de souffrance et de douleur pour ne pas discréditer son histoire. Entre gâteau d’anniversaire et crise d’angoisse, séance de karaoké et scène d’agonie, à la manière d’un téléfilm de prime time balisé, Améris déroule un scénario prévisible et une mise en scène très classique où chaque émotion est appuyée afin d’y être comprise de tous.

En dépit de ses trop nombreuses maladresses, de son manque de finesse et de subtilité, C’EST LA VIE nous offre cependant par le biais de son formidable duo d’acteurs quelques moments de pure magie cinématographique. Si le sourire de Sandrine Bonnaire éclaire le film, on ne peut malgré tout s’empêcher de verser une petite larme devant la parfaite retenue et l’interprétation bouleversante de Jacques Dutronc. Et il faut bien avouer que sans la complicité et l’immense talent de ces deux là, on vous aurait sûrement conseillé de faire le mort et de passer votre chemin.

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Journaliste

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