Equipe:
Durée: 144‘
Genre:
Date de sortie: 16/01/2001
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Chuck Noland est le prototype-même du surexcité de la vie. Chef de service pour une compagnie de courrier express (Federal Express pour ne pas la citer), il saute d'avion en avion pour inculquer, à toute vitesse, les règles élémentaires d'efficacité, de rapidité et de rentabilité. A la maison, quand il y passe, Chuck est un homme comblé: Kelly, sa compagne, est la femme qu'il rêve d'épouser.rnMais une violente tempête vient brouiller les cartes de son destin: victime d'un crash, Chuck se retrouve seul sur une île déserte. Désormais, sa priorité se résume en un seul mot: survivre.rnrn

Notre critique:

1994. Robert Zemeckis, réalisateur d’une sympathique trilogie de science-fiction familiale, BACK TO THE FUTURE, met en scène un Tom Hanks sur le doux qui serre la main au président des Etats-Unis. Le film s’appelle FORREST GUMP, le réalisateur et l’acteur principal en profitent pour raffler un oscar et un box office plus qu’honorable. Six ans plus tard, les deux refont la paire. Et force est de constater que leur seconde association cinématographique émet des vibrations fort semblables: CAST AWAY est un film grand public qui prône avec vigueur une morale idéaliste… et naïve.

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L’intention est louable. Petit cours accéléré de philosophie à cinq sous…
Devant l’accélération et la déshumanisation du monde moderne, les valeurs fondamentales de notre société se désagrègent. C’est le règne du superficiel, de l’égoïsme, de la toute puissante société de consommation. L’homme n’est plus qu’une machine à générer du profit pour d’autres hommes-machines programmés « rentabilité ». En fin de compte, ces ordinateurs organiques nourrissent leur mère Economie mondiale et participent au phénomène très mode de mondialisation.
Avouez qu’en quelques lignes, vous venez de vous prendre une sacrée dose de substantifs rébarbatifs, politiquement corrects, creux, vides d’émotion et particulièrement irréalistes! Avec cinq sous, on peut donc jeter des bases assez convaincantes de philosophie! Glup.

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La réalisation l’est certes moins.
Là où David Fincher dynamitait les structures porteuses de la société de consommation dans FIGHT CLUB (faisons fi quelques instants des polémiques qui entourent ce film), là où Mary Harron – aidée par Bret Easton Ellis – met en scène un monstre de superficialité enfanté par ladite société de consommation (son AMERICAN PSYCHO n’est autre qu’un richissime yuppie, caricature extrême du consommateur insensible), Zemeckis nous raconte le lent réveil physique et psychologique d’un homme soumis à des conditions ultimes: la solitude et la survie. Déjà peu rythmé dans son esprit, le film ne décolle guère par son originalité. On a droit au manuel complet des castors juniors: et vas-y que j’allume un feu, et vas-y que je me confectionne une paire de chaussures, et vas-y que je m’arrache une dent. Malgré l’intense prestation de Tom Hanks, la longueur s’impose. La lassitude s’installe. Et la fin, prévisible, se fait attendre.

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Arrive donc la question assassine: l’amplitude de la réalisation se justifiait-elle vraiment? Le film a été interrompu un an pour accentuer la transformation (décrépitude!) physique de Tom Hanks. Il n’a pu être tourné sur une île volcanique déserte, au Nord-Ouest des Fiji, qu’au terme d’un accord difficile à négocier avec les autorités « locales ».
Si la famille appréciera sans nul doute, le public plus mature, lui, sera probablement moins enthousiate.

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Journaliste