Titre français: En Chair et en Os

Equipe:
Durée: 99‘
Genre:
Date de sortie: 06/01/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Victor veut revoir Elena. Leur entrevue se passe mal et une paire de flics pas très potes débarque. Un coup du destin et de feu plus tard, Victor se retrouve en tôle et l'un des flics en chaise roulante. La tôle ne lui changeant pas vraiment les idées, Victor en sort et veut toujours revoir Elena. Que va-t-il se passer?

Notre critique:

Le cinéma d’Almodovar est celui du contrepied, de la déroute, de la surprise. Ses détracteurs diraient que c’est surtout le cinéma du n’importe quoi. C’est vrai que chez lui tout arrive. Mieux: tout est possible et imprévisible. L’intérêt pour le spectateur, c’est que le fil de l’histoire ne cessera jamais de le surprendre. Revers de la médaille, le spectateur sait qu’il peut s’attendre à tout et n’est donc plus vraiment surpris quand tel ou tel événement imprévu se déroule. Si cela n’avait pas été celui-là, c’aurait été un autre, tout aussi imprévisible.

Dans cet univers ouvert, plaisant ou irritant selon les goûts, il ne reste plus que l’intensité des personnages pour faire la différence et retenir ou non notre attention. A ce jeu, CARNE TREMULA est moins fort que la FLOR DE MI SECRETO, le précédent Almodo. Ici, seul le cas de Clara (Angela Molina), victime d’un mari sauvagement jaloux et désireuse de mettre un peu de rose sur le bleu des coups qu’elle reçoit, recèle une dimension émotionnelle susceptible de nous toucher directement. Pour les autres personnages, leur parcours intérieur est difficile à saisir et finalement bien banal en regard des facéties du destin que monsieur Almodovar leur fait subir.

Reste une mise en scène chatoyante, haute en couleurs comme à l’accoutumée et toujours agréablement soignée. Indubitablement, si le romanesque de l’histoire parait plus faible, les images continuent de fasciner, notamment lorsqu’il s’agit de filmer des corps qui s’aiment.

Au total, nous nous retrouvons avec un Almodovar pour les inconditionnels d’Almodovar. Ceux-là seront toujours intéressés par l’évolution de l’homme qui a fouetté, il y a déjà près de 20 ans, les sangs d’un cinéma espagnol apathique.

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Journaliste