Equipe:
Durée: 111‘
Genre:
Date de sortie: 05/02/2002
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Adolescents paumés, Bobby Kent et Marty Puccio sont des copains depuis l'enfance. Et depuis toujours, Bobby, en un tyran sadique, brutal et psychopathe, a fait de Marty son jouet favori, son esclave, son punching ball physique et moral. Et puis un beau jour, Marty rencontre Lisa, un peu moins paumée, et surtout bien décidée à empêcher Bobby de martyriser son ami d'enfance.

Notre critique:

Photographe et surtout jeune homme à l’enfance plutôt agité dans les années 50, Larry Clark nous avait livré en 1995 KIDS, un premier film très controversé sur la dérive d’un groupe d’ados new-yorkais qui sombrent dans la drogue. Avec BULLY, son troisième film, Clark remet le couvert en portant à l’écran un fait-divers meurtrier ayant eu lieu en Floride du Sud en 1993 et impliquant des adolescents désoeuvrés. Comme pour KIDS, Clark n’y va pas par quatre chemins. D’emblée il plante le décor et nous plonge dans l’ambiance réaliste d’une jeunesse qui n’a rien à perdre. Club homo, parties de jambes en l’air, drogue, tout est bon pour s’éclater et se sortir du quotidien pour des ados dont les parents sont visiblement complètement dépassés.

Pendant les trente premières minutes, avant même que l’idée d’un meurtre suinte par les pores des protagonistes, le spectateur va assister à tout ce qui se fait de pire en matière de jeunesse américaine. Est-ce de la dépravation, de l’inconscience ou de l’irresponsabilité qui gouverne cette jeunesse? Clark ne prend pas parti et se contente de relater les faits, de montrer les catalyseurs (Lisa en l’occurrence) et les relations au sein d’un groupe. Cependant, à la différence d’un Tavernier dans L’APPAT, il le fait le plus crûment possible. Il faudra encore attendre une bonne heure et une danse de la mort devant un garage pour que le film bascule dans le massacre qui marquera la fin du jeu, le bref retour à la réalité pour certains et la démence pour d’autres…

Du point de vue mise en scène, Larry Clark ne s’embarrasse pas de fioritures et film souvent façon reportage, près des gens, … Les jeunes acteurs font parfaitement écho à cette mise en scène et s’investissent à fond dans leurs personnages. Au passage on reconnaîtra en l’acteur Brad Renfro (Marty Puccio dans le film) le jeune homme torturé de APT PUPIL.

Il va sans dire (mais c’est encore mieux en le disant) que BULLY n’est pas un film à mettre devant tous les yeux tant, à l’instar d’un BATTLE ROYAL, son message n’est pas forcément des plus clairs et peut conduire à des conclusions hâtives concernant une justice expéditive (la peine de mort de Marty) ou une jeunesse prônant la vengeance plutôt que la justice…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...