Titre français: A Tombeau Ouvert

Equipe:
Durée: 120‘
Genre:
Date de sortie: 11/04/2000
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

New York. Les sirènes hurlantes et les lumières aveuglantes d'une ambulance tapissent de rouge vif et de sonorités stridentes les rues de Hell's Kitchen, le secteur le plus dur et le plus insalubre de Manhattan. A bord du véhicule, Frank Pierce embarque pour une nouvelle nuit faite de blessures par balles, de coups de couteau, de tentatives de suicide... Poursuivi par le souvenir de tous ceux qu'il a laissés sur le carreau, perdus au fil des ans, Frank déambule dans la nuit à la recherche de la paix et de quelque chose qui pourrait s'appeler l'amour...

Notre critique:

1976- TAXI DRIVER. 1999 (ou 2000) – BRINGING OUT THE DEAD. Il est impossible à la vue du dernier Scorsese de ne pas tirer de filiation entre les deux films que pourtant tout sépare. Mais comme dit un adage: c’est dans la séparation qu’on se rapproche. Explication:

BRINGING OUT THE DEAD cultive les similitudes avec son grand frère TAXI DRIVER. Le héros est solitaire. Il est à la recherche d’une certaine rédemption. La ville de New York y joue une place prépondérante et le scénariste commun aux deux fictions n’est autre que Paul Schrader. Et puis c’est tout. Car le personnage de Nicolas Cage se poste comme l’antithèse parfaite du personnage de Travis Bickle (Robert De Niro). Le premier cherche la paix quand l’autre voulait s’affirmer par la violence. Le chauffeur de taxi protégeait sa solitude tandis que l’ambulancier, lui, n’attend qu’un être pour se blottir tout contre. L’un est tourné vers le genre, l’autre lui fait le gros dos. Cette négation se traduit également dans la mise en scène de Martin Scorsese qui, s’il jouait de la sobriété dans son chef-d’oeuvre palmé à Cannes, éclate ici dans un foisonnement visuel hallucinant qui illustre cette tranche de vie(s) nocturne(s). Il joue sur la vitesse, les couleurs, les musiques… et appuie parfaitement un aspect technique que notre homme maîtrise parfaitement. Scorsese a pris de la bouteille, on le sent bien, car même si ses principaux thèmes sont toujours en vigueur (la place de la religion y est évidente et revendiquée), il inclut un humour grinçant déchargeant ainsi le trop plein d’émotions (mouvement sagement évité dans ses précédentes oeuvres, sauf AFTER HOURS).

Comme il est de coutume chez ce très grand cinéaste, le bande son se révèle d’une importance quasi capitale. Epinglons le jeu décharné de Nicolas Cage et celui, biblique, de Patricia Arquette. Côté croquignolet: John Goodman et Ving Rhames nous servent des prestations remarquables.


Vous l’aurez donc compris BRINGING OUT THE DEAD est un oeuvre scorsésienne en plein avec les thématiques habituelles plongées ici dans l’enfer des urgences version la grosse pomme et non la cité des anges. Un trip monumental, coloré, musical, frénétique, mystique prouvant derechef le talent d’un des plus importants cinéastes italo-américains contemporains. Du bonheur pour cinéphiles.

A propos de l'auteur

Journaliste