Titre français: Coup De Foudre à Bollywood

Equipe:
Durée: 112‘
Genre:
Date de sortie: 08/02/2005
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Comme toute bonne mère indienne Mrs Bakshi rêve de mariages ambitieux avec de beaux partis pour ses quatre filles. Seulement voilà lorsqu'on habite Amritsar au Penjab et qu'on a pour seule obsession qu'elles épousent des "NRI" (Non Resident Indian) vivant en Angleterre ou aux Etats-Unis, symbolisant le confort ainsi que la réussite sociale et économique, tout ça prend des allures de véritable casse-tête indou. Si Mr Balraj, le nouveau voisin fraîchement revenu de Londres est un prétendant parfait pour Jaya l'aînée, en revanche les affaires se corsent lorsqu'il s'agit de caser la belle Lalita, d'un naturel plutôt rebelle.

Notre critique:

Tout le monde n’a pas eu l’occasion d’aller traîner ses pataugas du côté des studios d’Hyderabad, ou la chance de pousser la porte d’un cinéma de Bombay pour se familiariser avec le cinéma indien made in Bollywood et ses codes imposés et immuables. Car sous des allures de grosse pâtisserie rose, kitch et sirupeuse pour nos yeux d’occidentaux, un bon film « masala » est avant tout destiné à divertir son public en lui faisant oublier les dures réalités de la vie. Généralement, côté intrigue, il y est plus ou moins toujours question d’une histoire d’amour impossible entre deux jeunes et beaux héros qui forcément voient leur romance contrariée par la famille désireuse de marier la belle à un pseudo méchant à la pilosité abondante et l’oeil vengeur. Sans un gramme de réalisme et croulant dans l’extravagance et la démesure, les temps forts sont toujours rythmés par des numéros musicaux débridés et hauts en couleurs où danses suggestives et puissants jets d’eau remplacent les contacts érotiques et les scènes de sexe avant de se conclure dans un traditionnel happy end où même un simple petit bisou est proscrit.

Réalisatrice du sympathique et remarqué JOUE-LA COMME BECKHAM, Gurinder Chadhaqui connaît par coeur ces règles bollywoodiennes, s’est donc essayée à mélanger les genres en adaptant très très librement un pavé de la romancière anglaise Jane Austen (Pride and Prejudice) à la mode et au folklore indien. Bien loin de son modèle littéraire qui nous racontait les entrelacs, faux-semblants et émois sentimentaux sur fond de 19ème britannique puritain, BRIDE ANS PREJUDICE est typiquement le genre de film rêvé pour les jours où l’on n’a pas vraiment envie d’être intelligent avec un bon alibi (découvrir un style de cinéma pas très connu dans nos lointaines et intellectuelles contrées), pour sauver l’honneur.

Version soft et édulcorée d’un produit bollywood traditionnel, pour ne pas effaroucher un public non préparé à 4 heures en hindi haut perché, BRIDE AND PREJUDICE lorgne tout de même plus vers la comédie romantique anglo-saxonne niaise et pas vraiment subtile que vers la curiosité orientale en vogue du côté de Bombay. Pour se consoler de deux ou trois scènes limites grotesques du style le héros fraîchement épilé et aussi expressif qu’un manche de pioche, guitare à la main poussant la chansonnette sur la plage avec le soleil couchant en toile de fond; restent le sourire Pepsodent et la beauté indiscutable d’Aishwarya Rai (la plus belle femme du monde selon Julia Roberts). Si son regard bleu lagon peut vous convaincre de (re)voir DEVDAS pour enchaîner sur LE MARIAGE DES MOUSSONS et pourquoi pas MOTHER INDIA et qui sait le maître Satyajit Ray, alors oui les petits films mènent aux grandes rivières.

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Journaliste

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