Equipe:
Durée: 124‘
Genre:
Date de sortie: 02/10/2001
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

George Jung, joueur étoile de football à l'école, rêvait de mener une vie intéressante et divertissante. Il ne voulait en aucun cas mener une petite vie plate et rangée de constructeur comme son père. N'importe quelle vie sauf celle-là. La marijuana étant lucrative et facile à revendre, George se lance dans cette pratique pour conserver sa liberté tout en gagnant sa vie. L'ambition de la richesse le gagne rapidement, mais la réalité le freine aussi vite : il est arrêté et mis en prison. Derrière les barreaux, il fait la connaissance de Diego Delgado, un prisonnier qui se targue d'avoir d'importants contacts dans le commerce en pleine croissance de la drogue en Colombie. Le séjour en prison des deux hommes est toutefois de courte durée. Diego lui prouve qu'il ne mentait pas et l'introduit à Pablo Escobar, le milliardaire en charge de toutes les transactions de cocaïne dans le monde. Il s'avère que celui-ci aimerait bien implanter son commerce aux États-Unis, et George est justement l'homme de confiance qu'il lui faut

Notre critique:

Blow : sniffer, souffler, éclater.
Sous ce titre prometteur se cache une histoire forte comme le cinéma en raffole : celle d’un mec venu de rien qui après avoir vendu de l’herbe-qui-fait-rire est passé à la cocaïne et est devenu un des piliers du trafic de substance illicite. Johnny Depp est ce fameux George Jung, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Comme de coutume l’acteur antihéros se moule parfaitement dans son personnage, se l’approprie, lève un coin de voile sur ses secrets avec ce naturel qui manque tant à d’autres mais qui jamais ne lui fait défaut. Face à lui Franka Potente joue son amour perdu et Penélope Cruz sa femme qui comme dans tous les grands récits maffieux ou semi-maffieux est la pierre angulaire de l’édifice masculin et monétaire. Si la première effectue son passage chez les ricains avec une certaine facilité, l’interprétation de la très visuelle Penélope Cruz a du mal à totalement séduire même si c’est grâce à son personnage que ce film biographique acquiert une certaine personnalité. Flash-back…

George Jung se lance dans le commerce de drogue, il monte coup après coup avec succès, tout va bien dans le meilleur des mondes pour ce nouveau riche. Trois-quarts d’heure passent pour illustrer cette montée dans LA sphère. L’image est propre, la caméra spectatrice des événements, la bande son brasse les hits de ces années-là. Bref, Ted Demme ne raconte rien ou presque ! C’est, comme souvent, la femme de Jung qui va mettre à jour toutes les faiblesses humaines et psychologiques. Là, le récit prend une autre ampleur, quelques touches scorsesiennes pointent çi et là. Et le choix de Ray Liotta, dans un des rôles secondaires, n’est en ce sens nullement innocent. Révélé par Martin sur GOODFELLAS, il joue en compagnie de Rachel Griffits un couple de parents continuellement remis en question avant que l’un ne devienne délateur de son propre enfant. Or donc, la deuxième partie s’avère beaucoup plus tortueuse, inconfortable… fort heureusement ! Enfin, on sent Ted Demme rentrer quelque peu dans son ouvrage, mais sans aller un pas plus loin. Il ne va pas chercher, fouiller dans les entrailles de ces étoiles déchues aussi poudrées soient-elles!

BLOW est réellement une oeuvre en demi-teinte ni assez superficielle pour tenir de la success story classique ni assez fouillée pour tenir de l ‘étude d’un milieu.

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Journaliste